SOLIDARITÉ AVEC LE MOUVEMENT DES «FEMMES DE MILITAIRES EN COLÈRE». Par Paul MORRA, président de l’AFAR

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SOLIDARITÉ AVEC LE MOUVEMENT DES «FEMMES DE MILITAIRES EN COLÈRE».

Par Paul MORRA, président de l’AFAR

Ce samedi 26 août 2017 se tient à Paris, face à l’Hôtel national des Invalides, un rassemblement du collectif des «Femmes de militaires en colère» et d’autres encore (femmes des forces de l’ordre, etc…), et ce, afin de défendre les droits les plus élémentaires de leurs maris militaires, dont chaque salarié français dispose normalement dans le monde du travail.

Il s’agit d’une première en France au sein de la communauté militaire. Un précédent existait cependant, avec la constitution, le 20 avril 2000, du «Mouvement des femmes de gendarmes», qui a donné naissance, en 2001, à «l’Association nationale des familles de gendarmes» (ANFG), à laquelle adhèrent même les époux des gendarmes féminins, et qui prendra le nom en 2007, d’«Association d’aide aux membres et familles de la gendarmerie» (AAMFG).

Ces «Femmes de Militaires en Colère» attirent notamment l’attention du Gouvernement et revendiquent :

  • L’annulation pure et simple des coupes budgétaires.

  • L’arrêt définitif du système informatique de traitement des soldes de l`Armée de Terre LOUVOIS.

Mises en causes :

  1. Malgré un arrêt annoncé du système en 2013, le *Logiciel fou*, dixit J-Y Le Drian le jeudi 14 janvier 2016 à Balard, continue ses ravages sur le versement des soldes de l`Armée de Terre jusqu`en …2021 !
  2. Les Primes sentinelle et terrain sont versées avec un retard de 3 à 6 mois
  3. Versements anarchiques de Trop-perçus dont le remboursement (1 an voire 2 après versement) est à effet immédiat provoquant surendettement et précarité matérielle au sein de nombreuses familles.
  4. Revalorisation des indices soldes.
  • Des conditions dignes et respectueuses en missions OPEX et OPINT

Mises en cause :

  1. Logements insalubres.
  2. Repas non assurés.
  3. Dépenses financières engagées par les familles pour les vêtements…chaussures…literie et nourriture.
  4. Dépenses financières engagées par les familles pour l`envoi de colis en SP pour les missionnés OPEX.
  • Reconnaissance et prise en charge du Syndrome Post Traumatique de Guerre par la mise en place *d`une cellule de soutien et d`aide* pour les familles de soldats atteints du SPTG.

Mises en cause :

  1. Isolement des soldats atteints du SPTG ainsi que leur cellule familiale.
  2. Parcours administratif intolérablement long (traitement administratif sur 12 mois minimum !) pour la reconnaissance des droits en tant que Blessé de Guerre.
  3. Reconnaissance de la Nation pour tous nos soldats décédés en opération (OPEX comme OPINT) et tous nos Blessés de Guerre.
  • Accompagnement et soutien financier pour les veuves de militaires.

Mises en cause :

  1. Les veuves de militaires sont priées de quitter leur logement militaire sous un délai de 2/3 mois et doivent assumer seules leur relogement dans le civil
  2. Aucun soutien pour leur accompagnement à ouvrir leurs droits en tant que veuve de militaire.
  3. Aucune aide financière pour les veuves sans travail et leur(s) enfant(s).

Bien qu’il existe au sein des armées des cellules d’aide aux blessés, des dispositifs de prévention des risques psychosociaux, etc.…, force est de constater qu’il ne s’agit en l’état, que de leurres servant d’affichage de bonne conscience institutionnelle.

La communication bien huilée et diffusée largement auprès des citoyens français faisant croire au soutien de la Nation pour les militaires, en général, et les blessés de guerre en particulier, ne semble être, hélas, que de l’enfumage !

La réalité encore aujourd’hui est tout autre : ces femmes expriment par leur colère, la souffrance qu’elles partagent et endurent au quotidien avec leurs conjoints qui sacrifient ou ont donné leur vie au service de la Nation. En retour, c’est mépris et non-respect. Où se trouve la Considération de la Nation qui leur est due ? Cela ne peut plus durer !

L’AFAR (Association des Forces Armée Réunies) a régulièrement dénoncé les nombreuses pratiques illégales existantes au sein des armées ainsi que les dérives corporatistes en matière de gestion du personnel ou dans le traitement des enquêtes internes destinées, bien trop souvent, à couvrir les fauteurs de troubles au détriment de l’intérêt des victimes.

Ce sont donc pour toutes ces raisons que l’AFAR se tient tout naturellement aux côtés de « Femmes de Militaires en Colère », mouvement seul initiateur du rassemblement de ce samedi 26 août 2017 devant l’Hôtel national des Invalides, et lui apporte son soutien, sa coopération et son appui.

Pour les responsables de l’AFAR, le droit syndical s’impose pour faire évoluer une culture militaire devenue obsolète depuis longtemps et qui fait obstacle à un dialogue social de qualité.

D’ici la fin de l’année, les membres responsables de l’AFAR seront à l’origine de la création du premier syndicat militaire interarmées de France. Ce droit est conforme au droit conventionnel européen.

Cela permettra aux militaires d’obtenir un pouvoir de négociation collective qui fait grand défaut à ce jour. Il permettra également la création de commissions paritaires pour les avancements de grades et décorations, par exemple ; également pour les mutations, totalement opaques pour certaines et dont les décisions reposent plus sur les liens d’affinité entretenus avec le commandement qu’avec la réalité des parcours professionnels des militaires concernés, il en sera de même.

Ceci permettra aussi, d’obtenir des négociations avec les pouvoirs politiques sur des sujets comme le PACS des militaires ou la création de la CRM (Commission des Recours des Militaires) qui ne sont que des dispositifs de discrimination légalisés pour traiter les militaires comme des sous-citoyens.

Par contre, pour nous, militaires assujettis à des restrictions légitimes, il n’est pas question de revendiquer un quelconque droit de grève ou de manifestation, ceux-ci étant contraires à notre statut général militaire que nous respectons.

Il faudra rapidement obtenir l’organisation d’élections démocratiques au sein des armées pour déterminer des syndicats militaires représentatifs et ainsi obtenir une composante d’acteurs légitimes ; de cette façon et en matière de dialogue social, l’Armée s’inscrira dans le respect du Droit envers ces Hommes et ces Femmes qui font esprit de sacrifice pouvant aller jusqu’au sacrifice ultime, pour qu’ils soient traités avec le Respect et la Considération de la Nation qui leurs sont dus, car les militaires sont des citoyens à part entière et non pas des sous-citoyens.

Ce rassemblement des « Femmes de militaires en colère » montre à quel point nos dirigeants ne se comportent plus avec la véritable bienveillance exigible et exigée pour leurs forces de l’ordre, leurs soldats ainsi que leurs familles ; leurs compagnes, leurs épouses, leurs mères, même leurs enfants tiennent ici à témoigner de cet état de chose, sans pourtant se susbtituer à eux, simplement en suggérant l’évocation, au travers de cet événement inhabituel, de leurs revendications muettes et pourtant si présentes.      

Refuser encore aujourd’hui un Droit qui ne serait en fait qu’un contrepouvoir nécessaire, devient intolérable car il n’a qu’un seul but : celui de permettre d’améliorer les conditions de vie de ces catégories socioprofessionnelles de femmes et d’hommes qui sacrifient tout pour leur Pays, leur Nation en menant jusqu’au bout leur combat pour la Paix et la Citoyenneté, et permettant ainsi d’entretenir efficacement la pérennité institutionnelle du pouvoir politique en place.

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