Adieu les sans-culottes, bonjour les sans « couilles »….

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Réflexion personnelle, d’une âme militaire.

Petit, comme tout autre enfant, je rêvais de l’uniforme et des valeurs fortes inspirées par le port de la tenue militaire : Honneur, sens de la Patrie, Courage, Dévouement, etc …

Ces principes fondateurs de nos armées,  ont été défendus ardemment par tous types de  militaires qui ont traversé les époques, à l’occasion de leurs multiples batailles. Ils étaient français ou d’autres origines.  Ils ont défendu avec fierté notre pays, la France. Ils ont fait l’Histoire de France!

C’est ainsi, qu’un grand nombre de nos aïeux, ou de nos frères d’armes d’aujourd’hui, ont sacrifié et sacrifient toujours leurs vies aux champs d’honneur.

Un engagement aussi fort n’aurait jamais pu être initié sans l’appui de leurs familles, qui l’ont bien trop souvent payé par des cicatrices qui ne se refermeront jamais, reposant parfois sur un ou des deuils successifs.

C’est grâce aux manuscrits et aux livres notamment, que ces actes de bravoure ont pu rester dans la mémoire collective des hommes.  Le siècle des LUMIERES a permis une démocratisation de ces valeurs fortes au sein de la société civile, au travers des nouveaux moyens de communication qu’ils soient radiophoniques, cinématographiques, télévisuels ou d’autres natures. Les avancées de la technologie au cours de ces dernières décennies ont été et continuent à être une véritable révolution dans ce domaine.

Aujourd’hui encore, la commémoration de certaines dates anniversaires permettent à tout citoyen de France ou d’ailleurs, de rendre honneur à nos frères d’armes disparus.

Le vingtième siècle, marqué par les deux grandes guerres mondiales a laissé des traces indélébiles dans nos mémoires, quant à la barbarie des hommes. L’évolution des conflits actuels dans le monde et la progression des attentats terroristes démontrent à l’évidence, le rôle prépondérant de nos armées pour préserver la liberté, la sécurité de nos concitoyens et de la Nation.

L’évolution de nos missions nous amène à intervenir dans le monde entier pour porter assistance à tous les peuples de notre planète, notamment en matière humanitaire.

Ces hommes de valeur, considérés parfois comme des héros par le peuple de France, ont pris une part active dans mes rêves d’enfant partagés par bien d’autres. C’est ainsi, qu’externe au monde militaire, j’ai épousé l’armée car je croyais en ces valeurs.

Sans pour autant vouloir porter préjudice à la mémoire de nos anciens, l’expérience acquise a permis de confirmer le sens de ces valeurs militaires durant une première partie de ma carrière, qui restera à jamais gravé dans ma mémoire.

J’ai cependant le regret de constater, que l’évolution actuelle de notre société favorise l’individualisme, de plus en plus prégnant au détriment du bien vivre ensemble. Ce délitement met en péril les équilibres d’une société en déliquescence et fragilise les valeurs républicaines qui ne sont plus respectées même par ceux qui en sont les garants.

L’état d’urgence, les évènements actuels en matière de violences urbaines le démontrent bien.

Un déficit de communication évident, un manque de pédagogie mais aussi et surtout des dirigeants irresponsables sont à l’origine de ces explosions de violences incontrôlées. Cela est déjà fortement préjudiciable à l’intérêt collectif des citoyens et le sera de plus en plus si des mesures fortes ne sont pas prises. Le temps des bonnes intentions est révolu. Le temps est aux décisions et à l’action.

L’image des services d’ordre au sein de la population, dont les militaires font partie intégrante est fortement  dégradée quoiqu’on en dise. La perte de l’autorité de l’état au travers de ses représentants est définitivement un état de fait.

On tente toujours de répondre à des sauts d’humeurs médiatisés à outrance par des mesures également à portée médiatique, sans toutefois apporter de solution concrète au fond du problème.

Au sein de nos armées, nous en subissons également les effets. On ne peut être que chagriné par  la tournure des orientations que prennent certains de nos chefs. Comme c’est bizarre, plus l’autorité est investie de hautes fonctions et moins elle est capable de décider à quelques exceptions près. Un chef au niveau élémentaire, lui doit décider dix fois par jour et sans attendre!

Il y a quelques années, je me rappelle que le fait de rendre compte, était considéré comme un acte militaire et de bonne discipline. Aujourd’hui, je constate avec amertume et étonnement, une évolution en la matière. C’est ainsi, que le fait de rendre compte devient un problème pour la hiérarchie, qui informée doit gérer, c’est à dire prendre une décision.

Ah oui, c’est la patate chaude qui arrive! Et bien, lorsque que l’on est un chef, un vrai, on est payé pour décider. Le silence est coupable!

Depuis quelques années, je suis surpris de constater à l’appui d’évènements factuels dont personne ne peut contester l’authenticité, qu’à chaque fois, je suis confronté à un mutisme des autorités hiérarchiques supérieures.

Lorsque l’on tente de s’adresser à une autorité supérieure, une autre constance ressort, c’est quasi systématiquement un doute émis sur la nature de la démarche entreprise. Ceci est d’autant plus étonnant que même les preuves apportées pour attester la légitimité de l’action conduite, ne sont même pas examinées.

Quand ce n’est pas le sentiment de persécution qui est argué par l’autorité, c’est une interrogation  analytique, voire psychanalytique du militaire qui serait victime d’un nombrilisme aigu.

Là encore, on ne peut que constater qu’un entretien de cette nature, qui auparavant permettait un face à face d’homme à homme, s’est perverti en une communication subtile, où se mêle l’art des sophismes, réservé à nos hiérarques détenteurs de la pensée intellectuelle, opposés à une forte expression émotionnelle reposant sur un malaise incontestable mais dénié.

Dans ces conditions et à ce stade, une seule conclusion s’impose :

« Pas de « couille », pas d’embrouille« .

J’ai eu probablement la faiblesse de penser qu’un chef digne de ce nom était une autorité capable de trancher et de prendre des décisions.

Actuellement, bon nombre de mes camarades dans des situations similaires s’interrogent comme moi, sur la capacité de certains de nos supérieurs à pouvoir prendre une décision en rapport à de vraies difficultés.

Suivant ce que l’on nous répercute, il semblerait que l’évolution de notre société y soit pour quelque chose.

Je reste néanmoins fier d’être ce que je suis, c’est-à-dire un « MILITAIRE », mais que certains de nos chefs se réveillent et assument pleinement leurs responsabilités, autrement que d’une manière politicienne.

Nous aussi, nous avons besoin d’humanité, de reconnaissance et d’une vraie communication au sein de nos armées, qui est malheureusement à sens unique.

La considération de la Nation ce n’est pas de vains mots mais des actes forts qui le prouvent.

On nous reçoit, on nous écoute, mais on n’est jamais entendu.

Signé: Gustave de Quercy

 

3 Réponses pour Adieu les sans-culottes, bonjour les sans « couilles »….

  1. Certes, mais quand on voit comment sont traités des hommes de guerre comme l’ancien CEMA dont voici le compte-rendu (http://www.assemblee-nationale.fr/15/cr-cdef/16-17/c1617003.asp), on peut comprendre que les temps ont changé. La défiance mine l’édifice.

  2. Moi qui ne suis pas militaire, je trouve qu’il n’y a plus dans l’armée le respect que j’ai connu à l’époque ou j’étais appelé. Pour moi un officier c’était quelqu’un que l’on respectait, aujourd’hui le simple militaire du rang on un langage presque irrespectueux. Ce sont des petits détails mais qui en disent long, si vous voyez ce que je veux dire !… Il y avait tout un protocole qui faisait sentir une force sans à avoir à la démontrer et inspirait le respect. A vouloir simplifier tous ces petits détails on en arrive à ne plus s’y reconnaître, mêmes les chefs y perdent leur latin ! Il manque des Bigeard …

  3. Oui, c’est factuel.

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