Rafale : Faites vos jeux

Fin janvier dernier, nous ne pouvions manquer le « cocorico » français qui était à la Une de quasiment tous les médias relayant l’information, qui titraient : L’Inde commande 126 Rafales, … Dassault vend 126 Rafale à l’Inde, ou encore Dassault va vendre 126 Rafale à l’Inde etc …
Le président Nicolas Sarkozy, à l’occasion de ses vœux à la presse, avait salué un « succès considérable » remporté par la France et son industrie.

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet avait renchéri, précisant que cette vente était « une bonne nouvelle pour toute la France et donc pour son président ». « C’est un engagement pour 30 à 40 ans de la part des Indiens. C’est un partenariat ancien qui est confirmé, une grande fierté pour l’industrie française« , avait-il déclaré dans les couloirs de l’Assemblée nationale.
Cependant, plusieurs journalistes, spécialistes des questions de défense titraient sur leurs blogs qu’il était bien rapide de célébrer cette victoire :
Rafale en Inde: trop tôt pour sortir le Champagne, publiait philippe Chapleau dans Lignes de défense, pendant que Jean-Dominique Merchet, dans un article paru sur secret défense appelait à une certaine prudence : « Une certaine prudence reste de mise, comme l’a exprimé Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au commerce extérieur : « il reste à finaliser un certain nombre de choses (…) A ce stade, je veux être prudent, on est dans une phase de négociation exclusive« .
Armée média, de son coté, prudemment,avait utilisé le conditionnel pour annoncer la nouvelle : Le « Rafale », éternel perdant dans toutes les compétitions à international depuis 10 ans, nous avait habitué au fait qu’aucun pays ne voulait l’acheter pour équiper son armée, à part bien sur la France. Aujourd’hui, avec 126 appareils qui devraient être vendus à l’Inde, le mauvais oeil semble avoir quitté Dassault.
Il semble aujourd’hui que les sceptiques ont bien fait de ne pas chanter avec les coqs, enfin … pas encore …, car on apprend dans le « Financial Times » que BAE Systems (1) est prêt à diminuer le prix de l’Eurofighter Typhon afin de rediscuter le contrat avec l’Inde et tenter de reprendre la main en contrecarrant Dassault.
« Je vais discuter avec nos partenaires sur la suite à donner. De mon point de vue, toutes les options sont sur la table« , a déclaré Ian King, le directeur général de BAE Systems au quotidien économique du mardi 7 février.
A suivre …
Michel Munier
(1) BAE Systems est une entreprise britannique travaillant dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale, et qui participe au projet Eurofighter Typhoon
Lire également : http://www.armee-media.com/2012/01/31/une-rafale-de-rafales-pour-linde/



9 février 2012 - 12 h 38 min
« Le commerce est l’école de la tromperie. »
de Vauvenargues
7 février 2012 - 21 h 24 min
Si Sarko l’a dit, c’est que c’est vrai. Comme tout ce qu’il a dit avant CQFD !
La vérité, si je mens 1, 2, 3, 4 et 5 ans!
Le contrat n’aurait donc pas été signé à l’insu du plein gré de qui ?