Affaire BENALLA: Amnésie de l’exécutif et des hautes autorités. Les policiers roulés dans la farine. Les syndicats de police dénoncent le comportement exécrable de M. BENALLA!

Affaire Alexandre+Benalla

Affaire BENALLA: Amnésie de l’exécutif et des hautes autorités. Les policiers roulés dans la farine. Les syndicats de police dénoncent le comportement exécrable de M. BENALLA!

Chères lectrices, chers lecteurs,

L’affaire BENALLA démontre à quel point notre société est gangrenée et malade par des pratiques occultes et malfaisantes au sein du pouvoir.

En propos liminaires et après auditions de très hautes personnalités au Sénat et à l’Assemblée Nationale, personne n’a rien vu, rien entendu, ne dit rien!

Quand un salarié demande 10 euros d’augmentation ou des moyens pour travailler convenablement, tous les prétextes sont bons pour dire NON. Pour sanctionner, pas de souci, le harcèlement règne en maître.   

Les droits sociaux acquis depuis des dizaines d’années par des luttes sociales qui ont marqué notre histoire sont critiqués pendant qu’un «illustre personnage de l’ombre» bénéficie d’une liste d’avantages en nature hallucinante et de passe-droits qui font outrance à ceux qui s’engagent au quotidien pour servir la France avec Force et Honneur et en faisant sacrifice de leur vie. Ils vivent difficilement avec des salaires peu encourageants et des conditions d’hébergement qui mériteraient autant d’attention et de soutien dont a bénéficié M. BENALLA, traité comme un prince!

  • L’HOMMAGE AUX FORCES DE L’ORDRE:

Un premier constat, l’Élysée et le Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur rendent systématiquement hommage aux forces de l’ordre, police et gendarmerie, mises à mal dans cette affaire.

Sur ce point, n’oublions pas que dès le 2 mai 2018, l’Élysée, le Ministre de l’Intérieur, le Préfet de la Préfecture de Police de Paris ainsi que plusieurs fonctionnaires en son sein avaient parfaitement connaissance des faits de violences imputés à M. Alexandre BENALLA, chargé de mission auprès du chef de la présidence de la République.

Pour mémoire, parmi les faits imputés à M. BENALLA, pour lesquels, il est mis en examen, il lui est reproché des violences aggravées prévues et réprimées par l’article Article 222-13, , «Les violences ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ayant entraîné aucune incapacité de travail sont punies de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende lorsqu’elles sont commises : 8° Par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice.

Ce délit à la loi pénal aurait du motiver la mise en oeuvre de l’article 40 du Code de Procédure Pénale qui stipule en son alinéa 2: «Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs.» Il s’agit ici, d’une obligation légale.

C’est le droit et aucune jurisprudence ministérielle invoquée par le Ministre de l’Intérieur ne saurait s’apparenter à la loi ou à une jurisprudence de référence.

Là encore, M. Patrick STRZODA, Préfet, directeur de cabinet de l’Élysée s’est retranché sur le fait qu’il n’y avait pas de plainte pour ne pas appliquer l’article 40 du CPP. C’est une légende! En effet, en cas de plainte, l’action publique est dès lors mise en œuvre. En ces circonstances, l’article 40 n’a plus de vocation. Cet article permet la saisine de l’autorité judiciaire pour ouvrir une enquête en matière de crime ou de délit. Il appartient ensuite, au procureur de la République jouissant d’une prérogative exclusive de se prononcer sur l’exercice de l’opportunité des poursuites. Personne n’a autorité pour se substituer à la justice. Même en l’absence de victime, l’autorité judiciaire peut poursuivre l’auteur de l’infraction, car il représente et requiert au nom de la société. C’est notamment le cas en matière de violences conjugales où l’épouse retire souvent sa plainte par peur de représailles. Cet argument est donc nul et non avenu.

La Directrice de l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale), Marie-France Monéger-Guyomarc’h a justifié l’absence de réaction de ses services se retranchant sur le faits que la «police des polices» ne savait pas que la vidéo visionnée le 3 mai 2018 et diffusée sur les violences place de la Contrescarpe montrait les agissements d’une personne qui n’était pas un policier.

L’Élysée, le Ministre de l’Intérieur, le Préfet de la Préfecture de Police de Paris ont gardé un silence coupable pendant plus de deux mois et demi sur les agissements délictueux de M. BENALLA, jusqu’à la révélation de cette affaire par le Monde, le 18 juillet 2018.

Ces faits sont particulièrement graves, car la vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux a engendré des dizaines de milliers de vues, en faisant porter injustement le chapeau durant cette période aux policiers mis en cause pour violences policières.

Comment peut-on rendre hommage aux forces de l’ordre et en même temps les poignarder ainsi dans le dos, sans les défendre? Pourquoi ne pas les avoir mis hors de cause durant cette période si ce n’est pour couvrir les agissements délictueux de M. BENALLA? Ces trois autorités avaient parfaitement connaissance des faits qui lui étaient imputés! C’est totalement méprisant! Un hommage de circonstance ne change rien à la réalité des faits!

On ne peut pas arguer de la célérité d’une sanction disciplinaire notifiée dès le 3 mai 2018 et en même temps, s’exonérer de cette information capitale en soutien aux policiers mis à mal. C’est manifestement peu courageux et méprisant vis à vis des forces de l’ordre et des policiers de terrain en particulier.

Par ailleurs, pour tenter de minimiser les faits, il est fait allusion aux réseaux sociaux qui annonçaient en prévision des manifestations du 1er mai «l’enfer pour les forces de l’ordre» . Là encore, cet élément de contexte est utilisé pour mettre en exergue le caractère exceptionnellement violent de ces manifestations. Alors que des incidents étaient prévisibles, pourquoi la présence de M. BENALLA en qualité «d’observateur» n’a t-elle pas été annulée? La question se pose. Les policiers avaient déjà fortement à faire dans leurs opérations de maintien de l’ordre pour encore s’encombrer d’une mission d’accompagnement d’observateurs. C’est ce qu’à soutenu M. Alain Gibelin, directeur de l’ordre public auprès de la préfecture de police Paris et qui est une réalité.

Décidément, il est avancé la lutte contre le terrorisme et en même temps, la Nation constate que les plus hautes autorités de l’État ne sont au courant de rien en ce qui concerne ce personnage, M. Alexandre BENALLA. Quant à lui, il a su parfaitement profiter de tous les services et moyens de l’État pour satisfaire sa cause et une ambition personnelle. Intégré comme spécialiste expert au sein de réserve opérationnelle de la gendarmerie, sur décision du Directeur Général de la Gendarmerie Nationale (DGGN), il a obtenu le grade de lieutenant-colonel,. C’est du jamais vu pour un tel profil. Tout démontre aujourd’hui, l’évaluation farfelue et incompréhensible de cette décision.

Pendant que certains gendarmes triment des années pour un avancement, ils sont sanctionnés sans retenue pour des motifs futiles voire inexistants et brisés dès qu’ils osent dénoncer des comportements inadaptés. Entre méritocratie et médiocratie, il faut choisir! 

Rappelons à toutes fins utiles que les services d’ordre et les hautes autorités de l’État disposent de services spécialisés qui procèdent à des veilles «open source» notamment sur les réseaux sociaux et internet avec des moteurs de recherches adaptés. Le contraire serait incompréhensible et serait une marque d’incompétence notoire, ce qui dans le cas d’espèce est manifestement impossible. Tous les jours, des points réguliers sont effectués avec les autorités ministérielles et les responsables des administrations concernées.

  • LES SYNDICATS DE POLICE MONTENT AU CRÉNEAU.

Source: http://www.lepoint.fr,   pour lire l’article, cliquer (ICI)

Les langues se délient. En effet, les syndicats policiers auditionnés mardi par la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla ont dénoncé « la confusion des rôles, l’ambiguïté des fonctions » de l’ex-collaborateur du chef de l’État et décrit les « relations exécrables » qu’il pouvait entretenir avec les forces de l’ordre.

Extraits:

« Il venait très souvent sur les services d’ordre, pour des debriefings. Les cadres de la préfecture de police le connaissaient comme une autorité », a assuré David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). « Tout commissaire que vous êtes: c’est le conseiller du président de la République… », a-t-il ajouté.

Garde du corps ou conseiller du chef d’Emmanuel Macron? « La confusion des rôles, des missions, l’ambiguïté des fonctions de M. Benalla, nous posent de graves problèmes, notamment sur la lisibilité des instructions qu’il pouvait donner à nos collègues », s’est ému Olivier Boisteaux, président du syndicat indépendant des commissaires de police (SICP) devant les sénateurs.

Selon Fabien Vanhemelryck, secrétaire général adjoint du syndicat de gardiens de la paix, Alliance, les relations entre M. Benalla et les fonctionnaires de police sur le terrain « étaient exécrables ».

« Il se comportait comme un cador. Il a été vu sur plusieurs opérations, plusieurs debriefings et plusieurs voyages présidentiels », a souligné le secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), Jean-Marc Bailleul.

Au retour des Bleus, après leur victoire en finale de la Coupe du Monde, à Roissy lundi, M. Benalla aurait eu un comportement « autoritaire et déplacé » avec les gendarmes mais aussi les fonctionnaires de la police aux frontières, a abondé M. Le Bars qui relève également sa présence sur les cérémonies de panthéonisation de Simone Veil, le 1er juillet.

Selon le secrétaire général d’Unité-SGP, Yves Lefebvre, « M. Benalla faisait régner la terreur au sein du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République). Il allait jusqu’à l’insulte à l’égard des gradés et gardiens de la paix.« 

« Pourquoi avec le GSPR, prendre un conseiller +sécurité+ ? » interroge M. Bailleul.

« Est-ce qu’il y a une défiance de la présidence de la République à l’égard des gens qui sont chargés de la sécurité du président de la République? » questionne aussi M. Boisteaux.

« Il faut que ce soit des fonctionnaires de police ou des personnels de gendarmerie qui puissent exercer la mission régalienne qui consiste à protéger nos chefs« , insiste M. Le Bars.

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