La buvette, bistrot secret des députés

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La buvette, bistrot secret des députés

Source: https://www.lexpress.fr

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Prix doux, serveurs aux petits soins, les parlementaires sont accros à leur buvette. Pour boire des coups, ou en donner.

Un euro l’expresso, à déguster en terrasse ou dans un magnifique décor Art nouveau. Pas de doute, le meilleur plan du VIIe arrondissement de Paris se situe au 126, rue de l’Université, au coeur du Palais-Bourbon. Les prix sont démocratiques. L’accès l’est moins. Seuls les 577 députés ont l’assurance d’entrer à la buvette. Les jours de faible affluence, leurs assistants tentent leur chance, au risque de se faire éconduire par les serveurs. A l’Assemblée nationale, chacun doit rester dans sa caste.

La buvette fait partie du folklore local, à mi-chemin du lieu de pouvoir et du self d’entreprise. Indiquée par une jolie horloge en bois sculpté, l’heure du coup de feu est immuable. Tous les mardis et mercredis, en marge des questions au gouvernement, à 15 heures, les députés se pressent contre le bar recouvert de marbre vert. Les plus habiles attrapent un ministre par la manche pour lui glisser quelques mots à l’oreille. Tous ne parviendront pas à se faire servir leur petit noir avant de retourner dans l’Hémicycle. L’affluence décroît jusqu’à l’heure du dîner. Les élus mobilisés par la séance de 21h30 viennent alors s’installer sur les chaises cannées au dossier arrondi, éparpillées autour de petites tables en marbre assorties au bar.

(…)

Petites habitudes surprenantes

« Ce qui pourrait troubler un oeil extérieur, tout comme les nouveaux députés arrivés l’an dernier, c’est que tout le monde se mélange », observe Florian Bachelier, premier questeur de l’Assemblée. L’élu rennais dialogue avec des parlementaires de tout bord et connaît leurs petites habitudes. Comme cette députée de la France insoumise qu’il n’a jamais vue boire que du champagne. Le lieu est propice à la fraternisation. Au début de l’année 2018, en pleine saison des Saint-Jacques, le communiste Sébastien Jumel revient de sa ville de Dieppe avec cinq kilos de coquilles. Il en offre deux aux personnels de la buvette et, en échange, leur demande de cuisiner les trois autres. Bon prince, il propose une assiette à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Ce qui ne l’empêchera pas de la combattre avec pugnacité quelques minutes plus tard dans l’Hémicycle. Le 3 février 2013, en pleine guerre du mariage pour tous, les parlementaires de gauche et de droite font une pause devant un match du Tournoi des six nations opposant la France à l’Italie. « Nettement plus d’unité nationale chez les députés du coup », s’amuse sur Twitter un jeune député-maire UMP alors inconnu du grand public, Edouard Philippe.

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