L’affrontement de l’adjudant-chef Gérard GUEDON avec le Service Santé des Armées, est-il un cas isolé?

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L’affrontement de l’adjudant-chef Gérard GUEDON avec le Service Santé des Armées,

est-il un cas isolé?

tensions sociales

Au travers du cas personnel de l’adjudant-chef Gérard GUEDON, victime de harcèlement moral au travail et de violences psychologiques sur subordonné au sein de la gendarmerie nationale, il est encore une fois démontré l’inaction des plus hautes autorités militaires pour protéger un membre des forces armées en état de vulnérabilité en raison de son état de santé alors que c’est une obligation légale!

Prochainement, des attestations d’autres militaires victimes de faits similaires seront mises en ligne. Vous aurez ainsi les témoignages de ces victimes poussées au suicide par les acteurs institutionnels en toute impunité.

Il ne suffit pas de manifester son inquiétude devant les sénateurs sur les cas de suicides dans la gendarmerie nationale par exemple, depuis le début de l’année, en se retranchant derrière les dispositifs de prévention des risques psychosociaux (RPS) dépourvus de moyens et de réels pouvoirs d’intervention en soutien aux victimes.

L’écoute est une chose, mais elle n’a jamais permis de régler les problèmes de harcèlement qui nécessitent courage ainsi que des prises de décisions immédiates et fermes concernant les harceleurs qui sont protégés. Le double langage en matière de communication est une technique de manipulation mais certainement pas un acte de soutien aux victimes, bien au contraire.

L’expression « fake news » utilisée par le Président de la République s’applique parfaitement à ceux qui ont vocation à servir la France et à protéger les victimes et qui font manifestement tout le contraire dans un dessein purement corporatiste. 

Pourquoi n’est-il jamais évoqué les pratiques managériales dévoyées, les techniques de manipulations pour broyer les victimes?

Pourquoi aucune autre association ou ANPM à de rares exceptions près, ne se manifeste pour défendre ces victimes alors que beaucoup d’entre-elles prétendent agir pour l’intérêt collectif des militaires ou des victimes? La peur est-t-elle, que leurs représentants se taisent! C’est bien dommage!

Le droit syndical pour les militaires ne doit pas être une vue de l’esprit mais une réalité pour obtenir un outil de combat social efficient pour exercer un réel contre pouvoir et obtenir le droit de négociation qui fait grand défaut de nos jours aux militaires.

Le président de l’AFAR, le lieutenant de gendarmerie Paul MORRA, a rendu public des documents le concernant qu’il a conservé de nombreuses années avant de les publier. Cette exposition médiatique n’a pas été faite pour régler ses comptes personnels comme voudraient le prétendre certains détracteurs. La raison unique de ces publications était de permettre aux victimes isolées dans leur souffrance de se rendre compte que d’autres militaires avaient vécu les mêmes tourments. Ces victimes pouvaient ainsi  utiliser à dessein ces documents rendus publics et les produire en justice le cas échéant. C’est ainsi, que de nombreuses victimes de harcèlement civiles ou militaires ont pris contact avec l’AFAR en faisant de simples recherches sur internet à partir de ce mot clé.

La président de l’AFAR a autorisé le site « Armée média, le journal de l’AFAR » à publier de nouveau des documents le concernant qui attestent des pratiquent illégales au sein des armées démontrant des collusions évidentes entre les autorités hiérarchiques militaires et des médecins du Service Santé des Armées (SSA) pour détruire une victime.

Malgré la saisine de l’IGSSA (Inspecteur Général du Service Santé des Armées) pour demander des explications sur ces pratiques illégales, aucune réponse n’a été adressée à ce jour, malgré l’accusé de réception de ce service qui s’était engagé à répondre. Il est certain que la réponse doit être difficile compte tenu des preuves produites par le président de l’AFAR.

La preuve par l’image, d’une rupture de confidentialité et d’une sanction disciplinaire déguisée pour justifier une mutation d’office tenant à la personne, entre un médecin-chef du SSA et un commandant de compagnie mis en cause pour harcèlement et de nombreuses autres infractions à la loi pénale.

Là encore, tout le système institutionnel a couvert cet officier et d’autres militaires impliqués comme dans le cas de l’adjudant-chef Gérard GUEDON.

C’est une constante depuis toujours, l’application du droit au sein des armées n’existe pas, c’est une réalité!

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Jugez par vous-même à la lecture de ces documents consultables à partir des liens ci-dessous:

Lettre réponse IGSSA suite épurement dossier médical 29 mars 2017  

REPONSE LT MORRA IGSSA 20 AVRIL 2017

Lettre réponse IGSSA du 24 avril 2017

3 Réponses pour L’affrontement de l’adjudant-chef Gérard GUEDON avec le Service Santé des Armées, est-il un cas isolé?

  1. Non malheureusement ce n’est pas un cas isolé. Je suis dans un recours administratif pour sanction avec abus de pouvoir. Je travaille dans le SSA justement. Cela entraîne un ralentissement de mon avancement, des crispations terribles lors de confrontations avec la hiérarchie qui feint de ne pas connaître ni être conseillé dans l’application du code de la défense et des lois. Mutations non désirées. Bien sûr, malgré le recours, j’ai subi d’énormes pressions pour appliquer ma sanction avec privation de liberté. Mon directeur d’institut est allé jusqu’à demander à son chef de cabinet d’appeler les gendarmes pour me mettre en garde à vue. Sur le plan santé, j’ai déclaré au médecin d’unité des troubles de l’appétit et des troubles transitoires du sommeil dans les jours suivants ces entretiens. Donc il m’a envoyé voir un psychiatre militaire à l’HIA Bégin, qui me mettait « inapte aux jours d’arrêts ». Le médecin d’unité a été l’objet de pressions, j’ai des aveux, où il me dit j’ai préféré vous envoyer vers mon adjointe, parce que tenter de vous protéger me mettait en danger avec menaces sur ma carrière. L »expert » a fait aussi l’objet par l’expert national militaire d’un retoquage, « il n’existe pas dans l’instruction ministérielle 620-4 d’inaptitudes aux jours d’arrêts ». Elle a par la même occasion été menacée de mutation sans famille, là encore j’ai des aveux. Un psychiatre avec les larmes aux yeux alors que vous le consultez pour demander de l’aide… Donc elle m’a mis en congé maladie, et quand les 90 jours et les 180 jours approchaient, j’ai vu un « sur expert ». J’ai failli être mis en CLDM, c’est une manœuvre répandue pour évincer l’administré de son poste et qu’il ne soit plus un souci. Ensuite on le réforme sans droit à pension d’invalidité. J’ai rencontré l’officier con-sidération du SSA qui est inefficace, j’ai rencontré l’inspecteur du SSA qui se dit dans l’incapacité d’agir puisque l’affaire est devant la justice. Il ne manque au palmarès que l’inspecteur général du SSA, l’inspecteur général des armées et le général inspecteur du travail dans les armées qui n’ont pas encore été contactés. Et on démontrerait que la boucle est bouclée pour ne pas agir conter ces intolérables façon de procéder qui engagent la responsabilité de l’État dans la non reconnaissance de ses militaires qui donnent jusqu’à leur vie !
    J’ai été infirmier de corps de troupe pendant 18 ans, et je savais cette méthode répandue. Maintenant c’est encore pire, puisqu’on n’applique pas les directives de l’OTAN qui décide que 20% des personnes engagées en Afghanistan et au Mali notamment déclareront une pathologie post traumatique comme cela a été le cas dans les conflits du passé avec d’autres armées dans des guerres aussi dures. Cela fait qu’on devrait dénombrer et pensionner 9000 militaires, mais les statistiques officielles du SSA ne sont pas publiées et elles sont d’environ 900 personnes soignées et suivies. Mais seulement une centaine pensionnée de guerre ! Sinon cela déséquilibrerait trop le budget des armées. Seulement un psychiatre militaire est formé complètement aux techniques EMDR de prise en charge des troubles post traumatiques, qui demande minimum 10 séances d’évaluation avant l’entrée en thérapie ! Vous vous doutez bien qu’il ne peut pas les prendre en charge tous ! Donc les autres sont en CLDM, avec une consultation mensuelle et des tranquillisants ou somnifères ! Et surtout on ne leur rédige pas de rapport circonstancié ou il manque toujours des éléments pour constituer le dossier de pension. J’ai même l’exemple d’un ami qui a demandé une réforme cash sans CLDM et le bordereau qu’il a signé pour ce faire aurait été perdu. Il a appelé le service de psychiatrie de l’HIA Percy des dizaines de fois sans réponse. C’est une amie secrétaire qui a obtenu cette réponse quand elle a été mandatée. Donc il n’a pas été réformé dans les temps pour décrocher un poste dans le civil pour lequel il a postulé.
    Dans mon institut, j’ai deux officiers et plusieurs civils de la défense et militaires qui sont dans la situation de mise en congé avec perte du poste et pression sur la médecine du personnel et le centre médical des armées de l’unité. Les membres du CHSCT et du CCHPA et les membres du comité RPS sont muselés.

  2. Bonjour mon lieutenant.
    Les faits que vous décrivez et dénoncez sont malheureusement la triste et constante réalité de ce qui se passe au quotidien au sein de l’institution militaire. L’administration militaire s’appuie sereinement sur l’esprit de corps de la  » haute hiérarchie », dès lors qu’il s’agit de réduire les individus et les exemples de collusion entre les différentes administrations (DRH, SSA, DPSD…) pour y parvenir,sont la norme.
    La « psychiatrisation » des personnels, dont « l’état d’esprit est incompatible avec l’exécution du service » est la réponse courante aux conflits hiérarchiques.Cette pratique, érigée en véritable outil de gestion du personnel, permet d’écarter les gêneurs, (de les isoler par la même occasion) et surtout évite de fournir les réponses aux légitimes interrogations. La base, terrrorisée par ces méthodes baisse la tête et se tait, les harceleurs poursuivent leurs « brillantes » carrières et le parcours du combattant se poursuit pour celui qui demandait son droit… Merci de vous faire le porte-parole de ceux que ces pratiques interdites détruisent.

  3. Bonsoir mon lieutenant.

    Merci beaucoup de nous éclairer par vos propos et votre expérience dans le traitement des « RPS » dans les différentes armées. Il est hélas désolant de constater combien d’homme isolés face à des pratiques managériales déloyales et interdites, meurent dans l’indifférence totale où sont blessés dans leur psychisme à vie. Ces blessures invisibles, qu’on ne peut nommer, qu’on ne peut reconnaître sont terribles. J’ai connu cela par le passé. Que dire des pseudos camarades dans les unités qui se taisent, qui se rendent complices par le mutisme et leur coopération avec le commandement. Il serait tant que les médecins militaires soient réellement contrôlés et qu’une indépendance réelle soit imposée pour éviter comme vous l’avez si bien dit, des collusions, des arrangements pour se débarrasser du gêneur. Ce que vous avez vécu est lamentable. A quand des condamnation pour nos harceleurs et ces médecins complices actifs du harcèlement ou comme vous dîtes à juste titre, des violences psychologiques. Bien fraternellement. H.

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