PLAINTE POUR DIFFAMATION DU DGGN: RÉVÉLATIONS : JOUR «J+16» Attestation d’une victime de harcèlement au sein de la communauté militaire qui a attenté à ses jours.

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PLAINTE POUR DIFFAMATION DU DGGN: RÉVÉLATIONS : JOUR «J+16»

Attestation d’une victime de harcèlement au sein de la communauté militaire

qui a attenté à ses jours

Certains contradicteurs de l’AFAR et de son président nous reprochent entre autre, de ne pas traiter de dossiers, quelles sont nos actions, etc…?

Notre engagement associatif  repose sur le bénévolat  pour défendre une cause commune et non pas pour exhiber des actions  pour exister à tout prix et flatter son ego.

Si le président de l’AFAR a décidé après plus de 16 ans de combat juridique discret, de rendre public des éléments de son dossier personnel, c’était pour informer preuves à l’appui, les victimes isolées dans leur souffrance. D’autre part, il était nécessaire de dénoncer un système hors la loi et totalement vicié.

Croire à la loyauté de ses chefs  dont beaucoup agissent par pur corporatisme au détriment de la religion du Droit est malheureusement une utopie!

Nos dossiers sont confidentiels et leur médiatisation est  assujettie à l’accord préalable des personnes concernées.

Quand l’AFAR dénonce des pratiques illégales, elle prend des risques et en subit les conséquences  par des plaintes pour nous faire taire. Il y a eu à ce jour trois actions en justice récentes, dans un temps voisin, alors que le président de l’AFAR était hospitalisé. Voilà le contexte courageux de ces actions en justice à l’encontre d’une personne vulnérable en raison de son état de santé parfaitement connu des « victimes déclarées ». Remarquez que durant  plus de deux ans, tous nos précédents articles n’avaient jamais été contestés par les personnes visées ni même fait l’objet de la moindre plainte. Seul élément nouveau, l’évolution politique de nos dirigeants.

Deux procédures ont été initiées pour diffamation par le colonel COLLORIG Laurent, dont la première lui a valu une condamnation et dont la seconde est toujours en instance.  L’AFAR est très sereine en ce qui concerne cette dernière procédure vu les pièces produites en défense qui seront publiées prochainement.

La troisième  plainte a été initiée par le Général d’armée Richard LIZUREY,  Directeur Général de la Gendarmerie Nationale   (DGGN) contre le lieutenant Paul MORRA. Là encore, les éléments mis en ligne sur armée média vous permettent d’apprécier la teneur des accusations formulées par le président de l’AFAR et de vous faire vous-même votre propre opinion dans l’attente du jugement du tribunal correctionnel de Perpignan.   Si d’aventure, cette décision devait mettre en cause le président de l’AFAR malgré toutes les preuves présentées, le lieutenant MORRA fera appel et poursuivra son action en défense jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme si nécessaire.  C’est le seul moyen juridique pour faire reconnaître le Droit au sein de la communauté militaire et plus particulièrement au sein de la Gendarmerie Nationale où règne une loi interne au détriment de la loi du peuple!

Ci-dessous, l’attestation produite par l’adjudant Frédéric BONNET, victime de harcèlement moral hiérarchique au travail qui a osé s’exprimer à visage découvert. Beaucoup de victime ont peur de parler. Cet adjudant broyé par ses chefs hiérarchiques  a tenté de se suicider. Ce n’est pas une vue de l’esprit mais une réalité!

Prenez le temps de lire son récit et vous comprendrez  son parcours de souffrance:

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(…)

Je soussigné Frédéric BONNET, adjudant de l’armée de terre ….., déclare avoir été victime d’harcèlement moral par un officier supérieur dans l’exercice de mes fonctions. J’atteste également avoir subi pression, menaces, intimidations et avoir été poussé au suicide tant le commandement de mon affectation savait que je tenais à mon emploi et à ma carrière plus que tout.

Affecté à la direction inter-armée des réseaux d’infrastructures et des systèmes d’informations (DIRISI) de Papeete en Polynésie Française en juillet 2016. J’ai tout de suite éprouvé des difficultés de par une réduction d’effectif imposée par le commandement et une charge de travail en évolution fait de manière à me mettre la tête sous l’eau. Toutefois ça n’en est pas resté là avec un cumul de tâches qui a progressé avec des objectifs de plus en plus irréalisables et qui a fini par me faire craquer.

De ces événements dus à mon surmenage, le LCL (T) Xavier va en tirer profit, me faire signer un outil qu’il affectionne particulièrement, le « cahier de rapport hiérarchique ». Avec cela, il va m’imposer une sorte de dette psychologique et se permettre une soumission via la menace régulière de « vol bleu » et d’abaissement de notation.

Avant même mon arrivée sur la Polynésie, le commandement de la DIRISI Papeete avait pris contact par mail avec les nouveaux arrivants en demandant d’y joindre notre fiche de renseignement du système d’information de ressourcehumaine « Concerto ». Je sais aujourd’hui que le LCL (T) Xavier s’est fait un jugement de moi à partir de celle-ci, pensant certainement que j’ai été propulsé, il a immédiatement jalousé mon galon d’adjudant obtenu à 32 ans et de très bonnes notations passées. Il va en conséquent me discriminer, me pousser à la faute et attendre le moment propice pour me niveler voire me nuire.

J’ai frôlé le désespoir complet à plusieurs reprises durant cette année, oppressé, fliqué, discriminé, intimidé et rabaissé par cet officier particulier. Le CF Jean, directeur et donc son chef, souple, en mode ‘’campagne outre-mer’’ lui a laissé champ libre et décider de tout ou presque. J’ai eu le sentiment d’un homme prêt à beaucoup pour vous détruire jusqu’à la racine s’il a quelque chose contre votre personne. Il en devient inhumain et sans cœur en oubliant qu’un Homme, une vie, est derrière chaque ‘’employé’’. Malgré multitude de journée cohésion, dont la quantité accordée à cela m’a d’ailleurs surpris vu la tension de travail et le dégout évidant du LCL (T) Xavier pour la camaraderie, l’ambiance générale est dégradée et il règne pour certaine personne un climat de pression et de peur. Tout cela n’est que contre-productif, et finalement, le respect de la hiérarchie n’est plus naturel. J’ai eu davantage l’impression d’une relation bourreau/souffre-douleur que chef/subordonné.

Le LCL (T) Xavier a pris également l’ascendant psychologique sur le troisième officier, mon chef de bureau, le CDT (A) Alexandre que j’ai vu se métamorphoser rapidement sous son emprise, ce dernier étant de plus bienveillant pour sa carrière, il en fait une priorité. Le CF Jean n’a pas eu le répondant et la lucidité nécessaire, enfin il n’y a pas de second officier terrien pour équilibrer ce tempérament ou en force d’opposition, ce qui a eu pour effet de le faire régner en maître et d’imposer pour certains une sorte de politique autoritaire impitoyable à l’image d’une dictature. Le président des sous-officiers (PSO), fera au départ un bon travail, tentant à plusieurs reprises de défendre ma cause, ce dernier finira par jeter l’éponge face au mur infranchissable et imperméable qu’est le LCL (T) Xavier. Un PSO est de toute façon inutile à la DIRISI Papeete pour le rôle premier qu’il doit y tenir, du moins durant la présence du LCL (T) Xavier.

Par des manières perverses le LCL (T) Xavier va me mettre sous une charge de travail irréalisable, ce qui de surcroit, ne peut que compromettre la qualité et le bien du service. Au départ il le justifie par mon fort potentiel et que je sois absolument l’homme de la situation, plus tard il me dira même qu’il confie des tâches à qui va vouloir le faire et surtout bien le faire. Bizarrement, il retire une fonction a un militaire devenu son ami dans le civil pour me la transmettre clé en main. Mes relations internes m’avoueront que cet ami du LCL (T) Xavier a toujours été réfractaire à œuvrer pour cette fonction malgré avoir du temps, contrairement à moi. Rapidement je constate l’impossibilité de tout traiter, même en restant deux heures après les heures ouvrables, sans prendre de pause, et en travaillant vite et très bien durant toute la journée. Assez rapidement, je vais commettre une erreur, consigné au cahier de rapport hiérarchique, le piège se referme et l’étau va se resserrer progressivement. Ceci exacerbé par un lieu d’affectation hors métropole, où la menace de « vol bleu » est terrorisante, humiliante et lourd d’exécution pour la victime. Cela donne effectivement la possibilité d’ultimatum redoutable pour soumettre la proie.

Après ces péripéties et une année de travail extrêmement difficile où à plusieurs reprises j’ai pensé au pire pour me sortir de ce cauchemar, à travailler plus que de raisons du matin au soir, les notations arrivent. Le commandement me fait payer mes deux craquages survenus. Ceci ne sont pourtant pas survenus par hasard mais bel et bien en conséquence de leurs erreurs de jugement, d’appréciation et de leurs fautes de commandements. Un préjudice sur ma notation me pousse à faire un recours (voir annexe page 8/9), de plus la visite du général directeur central de la DIRISI me laisse l’opportunité de m’exprimer sur les méthodes managériales du LCL (T) Xavier. Ces dernières sont une méthode pour se procurer les meilleurs résultats pour lui-même et sa carrière, elle peut malheureusement avoir des conséquences désastreuses sur la santé des personnels militaire ou civil placés sous ses ordres.

Les méthodes du LCL (T) Xavier sont proches d’un caïd d’une cour de récréation. Il fait régner sa loi, celle du plus fort, par la terreur et la peur. De manière similaire à un groupe scolaire certains tirent leur épingle du jeu en devenant des « lieutenants » de ce chef de bande. D’une part pour s’assurer sa protection mais surtout ils se mettent à l’abri eux même de devenir un souffre-douleur ou un bouc émissaire.

Le LCL (T) Xavier, soutient la délation pour tout savoir, tout gérer, tout contrôler, lui permettant quand ça arrange de transformer des problèmes insignifiants de la vie quotidienne en crise majeure d’extrême gravité. Côté travail, il prend en compte les remarques de ces « lieutenants » qui dénigrent, critiquent voire contrôlent et surveillent leurs égaux… C’est une spécificité émanant de cet officier pour être sur tous les fronts.

C’est clairement de cela que viendra mes tourmentes puis ma chute définitive, survenu le 8 juin 2017. Dénonciation, piège, calomnie, surveillance, flicage, intimidation, menace sont des méthodes employées par cette nébuleuse aux intentions fermes de blesser des camarades ou des égaux tout en se plaçant au devant de la scène.

Le LCL (T) Xavier a pour me faire taire mais aussi pour me faire payer mon intention de parler, mis sur pied une affaire assez hors norme en s’appuyant sur des traces laissées par mon travail. Le directeur de la DIRISI Papeete me reçoit le 08 juin 2017, c’est un véritable procès à charge où toutes les décisions sont déjà prises. Il s’en suit un cérémonial de quasi tribunal militaire où ce dernier rend son jugement en déclarant : « vous allez être lourdement sanctionné, vous allez prendre un ‘’vol bleu’’, on va demander à la DPSD une soustraction de vos habilitations de sécurité, vous êtes mis à disposition de l’adjudant d’unité (ADU) dès à présent, je vous conseille fortement d’aller consulter au centre médical, … ».

Les témoins sont idéalement choisis en faveur du commandement, il y a entre autre le président des sous-officiers, que le LCL (T) Xavier aura réussi à me mettre à dos, pour m’isoler encore plus. Son but est simple, il veut ma destruction, il va donc m’infliger un rapatriement disciplinaire (voir annexe page 10/11), une lourde sanction, demander un retrait de mes habilitations de sécurité défense à la direction de la protection et de la sécurité de la défense, tout en faisant en sorte de m’isoler des personnels ayant des fonctions sensibles comme le président des sous-officiers.

La mise à disposition de l’ADU est une brimade car même sans droit administrateur je peux faire une grande partie de mon travail de base censé être « superviseur SDK ». Ajouté au souhait pour le commandement que j’aille consulter, cela est très révélateur, stigmatisé comme étant l’élément perturbateur désigné, il fallait m’isoler des personnels de la DIRISI. Malheur à celui qui tente de discréditer un chef. Quoiqu’il advienne, il faut tout faire pour que durant son temps de commandement, le chef reste le chef. En cette période de notation un peu houleuse, où nombre de personnels semblaient être déçus voire écœurés, placer un « vol bleu » a permis au commandement de mettre tout le monde d’accord et d’éviter d’autres révoltes.

De tels problèmes sont pour moi de l’inconnu, surtout que je me retrouve avec des accusations extrêmement lourdes à porter sans soutiens. Une telle situation qui plus est sur ce territoire éloignée de la métropole m’a mis en péril. Après cette sorte de procès destructeur et accusateur, je récupère mes affaires les plus précieuses et sensibles pour quitter mon lieu de travail sans l’intention d’y revenir. Je rentre pour me retrouver seul chez moi. J’avais déjà installé ma barre de traction suffisamment haute des semaines avant, et j’avais laissé une cordelette avec un nœud coulant tout à côté, un peu comme on garderait une cartouche de son fusil d’assaut de côté pour ne pas être pris par l’ennemi. Mon testament avait été rédigé depuis plusieurs mois, lorsque j’ai commencé à être tourmenté. La souffrance et la douleur dépassent mon seuil d’acceptation, je vais tenter de me suicider par pendaison dans mon logement de fonction. Je finalise tout pour laisser une situation la plus claire possible. Plus tard, lorsque je me retrouve en hauteur et me laisse tomber, je sens immédiatement une sensation de légèreté comme si mon corps se vidait instantanément. Juste à ce moment un proche camarade du travail est à ma porte, ma tentative n’aboutira pas. Ce collègue militaire devenu ami, m’a empêché l’irréparable, il me savait mal, en difficulté et en détresse à cause du travail, lorsqu’il a su que j’avais quitté mon lieu de travail, son sang n’a fait qu’un tour. Peut-être qu’un jour, je lui dirai merci. Il restera à mes côtés jusqu’au bout, me soutiendra et m’aidera psychologiquement ainsi que dans toutes mes démarches nécessaires à ce départ précipité.

Il me sera ensuite conseillé de consulter au centre médical inter-armé vu mon désespoir, réfractaire à cela au départ, je finis par le faire l’après-midi même. En voyant mon état, en lui racontant mon année et mes récurrents désespoirs, le médecin qui me prend en compte me placera en arrêt maladie. Je suis alors dans le déni total, pensant que le ‘’vol bleu’’ annoncé est encore une simple menace de soumission, de plus je ne pense pas à ce moment-là qu’il est possible de se débarrasser d’un personnel comme cela sans un minimum d’interrogation et juste sur simple demande du commandement. Toutefois, me trouvant faible, amaigri et dépité le médecin est persuadé que le point de non-retour est atteint et que je ne pourrai pas me reconstruire dans cette affectation même si les choses risquent de s’améliorer d’ici quelques semaines, il demandera un rapatriement sanitaire.

Une poignée de personnes, surtout extérieur à la DIRISI Papeete, m’a accompagné jusqu’à ma montée dans l’avion. J’ai toutefois sombré dans la dépression, de voir mon monde et mes rêves s’écrouler me causera des douleurs insupportables. A mon arrivée en métropole via rapatriement médicalisé, je serai hospitalisé 10 jours, placé en arrêt maladie puis en congé longue durée maladie (voir annexe page 12). Je découvre à 34 ans, les antidépresseurs.

Plusieurs militaires vont me conseiller de saisir l’inspection pour harcèlement moral. Plus tard, je vais démarrer la rédaction d’une saisine puis l’adresser à l’inspection de l’armée de terre, elle sera prise en compte par l’inspection des armées (IdA) vers fin novembre.

Peu avant noël 2017, soit plus de 6 mois après, je reçois le bulletin de sanction via LRAR (voir annexe page 13), j’émarge et l’adresse avec un compte rendu. Le jeudi 8 mars 2018, je suis reçu à l’inspection des armées. L’entretien v a duré 5h, non-stop avec le COL (T) Vincent et madame Giovanna, spécialiste risque psycho sociaux et harcèlement au travail.

Le fait de se voir attribuer un nombre de tâche irréalisable avec insistance et sans possible revendication n’est pas du harcèlement, c’est ce que m’a annoncé d’entrée de jeu madame Giovanna présente à l’entretien. Elle m’a ensuite découragée d’aller plus loin car selon elle je ne gagnerai surement pas (tribunal, recours…). Cette entrevue était intégralement dirigée contre moi et a pris la tournure d’une garde à vue pour tenter de me faire vaciller, avouer tout et n’importe quoi pour disculper par tous les moyens le commandement de la DIRISI Papeete et surtout le principal accusé, le LCL (T) Xavier… Bizarrement des avocats spécialistes en droit du travail et des articles trouvés sur internet me prouvent le contraire des propos de madame Giovanna.

Ils s’y sont mis à deux en enchaînant l’un après l’autre sur des questions concernant l’extra professionnel. Ils ont décortiqués ma vie privée pour être bien sûr que ce ne soit pas à cause de cela que mes difficultés soient survenues. Ils ont même par la suite fait des approches déroutantes. Le COL (T) Vincent m’a parlé d’un de ses enfants qu’il a perdu par exemple pour aborder le fait que ce qu’il m’arrive n’est rien et qu’il faut aller de l’avant et passer outre tout cela. Madame Giovanna que lors d’une mission à Tahiti de quelques jours elle était mal à l’aise et ne se sentait pas bien du fait d’être sur un « atoll » au milieu du pacifique et donc que c’est peut-être pareil pour moi… Tahiti est une île (d’origine volcanique) et une destination touristique rêvée pour nombre de personnes qui n’auront pour la plupart jamais la chance d’y mettre les pieds, mais bon, il y a forcément une explication autre que celle du harcèlement provoqué par le LCL (T) Xavier.

Ils ont minimisé ce que je juge être des fautes de ce commandement hors normes et maximisé mes erreurs malgré que j’annonce avoir été poussé à la faute et que rien ne se serait passé sans le LCL (T) Xavier. En effet, j’ai commis des actes de débordement dû à mon état de mal-être profond résultant de ma situation professionnelle et environnementale imposée. Après chaque affaire, je faisais toujours plus attention, j’étais constamment sur le quivive, j’avais la crainte permanente d’un nouveau problème et une terreur sur des détails de la vie quotidienne.

Pour eux, le LCL (T) Xavier est parfait, c’est un grand officier aux notations passées irréprochables. Ce que je trouve logique et évidant puisque c’est en mettant la pression et en détruisant ses personnels qu’il obtient d’aussi bons résultats… Sa carrière et les jugements que lui apportent ses chefs sont pour lui primordiaux. Il va strictement dans le sens de son notateur et se fichent complètement de l’intérêt des hommes placés sous ses ordres. Dans le cas précis de la DIRISI Papeete, le directeur est marin et porte une attention particulière aux personnels de son armée. Le LCL (T) Xavier, directeur adjoint fait donc strictement la même chose, ainsi aucun marin n’a jamais eu de problème à la DIRISI Papeete précédemment même en étant d’une incompétence notable ou en affichant une fumisterie flagrante. Il suffit de demander consultation du cahier de rapport hiérarchique pour s’apercevoir que seuls les aviateurs et terriens y ont émargés à plusieurs reprises. Ce n’est pas une sanction, certes, mais une épée de Damoclès sur la tête des victimes qui n’ont d’autres choix que de tout accepter par la suite.

Jusqu’au bout le LCL (T) Xavier a maintenu envers l’opinion publique « il va mal parce qu’il est seul ». Alors que j’exprimais tenir grâce au territoire Tahitien favorable et agréable ainsi que l’attrait de ce séjour. Aucun poste en métropole n’a d’équivalence à ce que j’ai accumulé et qui plus est, était prévu de m’incomber par la suite. Je suis un travailleur, j’aime les défis, j’aime aller au-delà des objectifs, mais quand ils sont irréalisables d’entrée de jeu, imposés et impératifs, c’est une descente aux enfers. Je sais aujourd’hui que la situation à la DIRISI Papeete est redevenue « normale » depuis le départ de cet officier.

Le COL (T) Vincent m’a reproché également de juger mes chefs, sauf que des militaires et anciens de l’institution m’ont bien conseillé d’exprimer mes maux avec mes mots en saisissant l’inspection plutôt que de porter plainte dans le civil. Plus clairement, je me suis retenu car je n’ai pas de titre de psychologie pour le dire à haute voix mais le LCL (T) Xavier souffre d’un trouble de la personnalité évident. Il est mégalomane, grand pervers narcissique, manipulateur et peut-être même schizophrène. Cet homme n’admet aucune mise en cause et aucun reproche, en annonçant mon intention de revendiquer ses méthodes et la pression qu’il exerce il a pris cela comme déclaration de guerre. Il a donc fait en sorte de m’enterrer profondément afin que je ne puisse jamais m’en sortir d’une part pour m’empêcher de le nuire mais aussi pour jouir de ma souffrance et triompher de moi. Cet homme n’a aucune humanité, il est dénué de toute compassion, sans scrupules, d’un orgueil jamais vu, très agressif, sadique et paranoïaque.

Le COL (T) Vincent m’a assuré que la baisse sur ma dernière notation après 13 ans de grande positivité est pour le bien de l’armée. En effet, le commandement de la DIRISI Papeete a décelé que ce serait préjudiciable pour l’institution si j’évoluais dans la hiérarchie et donc qu’en conséquent ils ont fait un super travail de notation et de jugement.

Ce qu’il refuse de comprendre, c’est que cette notation m’est aujourd’hui insignifiante, mais les conséquences de mes revendications, elles, sont sans précédents, vouées à me détruire et m’empêcher de reprendre le cours d’une carrière normale.

Quand je lui parle des lacunes du commandement de la DIRISI Papeete et des fautes flagrantes qu’ils ont commises, il avoue tout de même que grâce à moi il y a eu des améliorations et des évolutions et que c’est bien. Par contre rien n’est envisagé en guise de réparation et donc le coût prohibitif des préjudices subis reste intégralement à ma charge.

Le COL (T) Vincent m’a bien confirmé que c’est l’inspection qui a activé la sanction établit par le commandement de la DIRISI Papeete et aujourd’hui le cabinet du chef d’état-major de l’armée de terre veille à ce qu’elle soit bien appliquée. C’est visiblement une question d’honneur que je sois sanctionné ou pour préserver le système car en l’état j’ai quand même pris un « vol bleu » sans aucune sanction… Le commandement de la DIRISI Papeete dit l’avoir gardé sous le coude et ne pas l’avoir fait suivre pour ne pas m’achever et par bienveillance. Je suis pourtant intimement persuadé de l’envie de destruction maximale voulue par le LCL (T) Xavier sur ma personne. Je pense plutôt qu’ils voulaient étouffer cette affaire dans laquelle ils ont fait erreur sur erreur et espéré que ça passe sans faire de vagues… Mes observations sur le rapport de rapatriement annoncées la couleur et j’affichais clairement mes revendications (voir annexe page 14/15). C’est une sanction de 3ème catégorie (faute à l’honneur, le plus couteux) à signer chez l’autorité militaire de second niveau (AM2), donc l’amiral présent en Polynésie, possiblement proche du directeur de la DIRISI Papeete et non compétant sur ces aspects techniques. En métropole ce n’est plus aussi évidant d’aller chez une AM2 qui non préparée pourrait trouver cela grotesque, en outre des chanceliers m’affirment que la catégorie est surévaluée et disproportionnée par rapport aux faits invoqués… Mes nouveaux chefs qui vont m’infliger la sanction prochainement ne comprennent visiblement pas le pourquoi du comment et me posent des questions tellement le dossier est bancal. Mais je vais être sanctionné, c’est évidant, car il faut maintenir la crédibilité du commandement de la DIRISI Papeete, le chef doit rester le chef et il a toujours raison sur tout quoi qu’il arrive.

De même, le LCL (T) Xavier a fait sans équivoque un usage détourné de la procédure de rapatriement anticipé en guise de punition et d’humiliation à mon effigie. Il affirme que je ne peux plus être affecté à la DIRISI Papeete, et que je dois être rapatrié pour le bien de l’unité, ce qui est effectivement un élément susceptible de motiver une mutation d’office. Toutefois l’enquête de commandement interne diligentée ne semble pas permettre de démontrer que je perturbe effectivement et durablement le fonctionnement du service, et bien au contraire, mon rapatriement a nui à ma cellule et au bien du service pendant plusieurs semaines.

Le commandement de la DIRISI Papeete refusera catégoriquement de me transmettre les comptes rendus demandés à une poignée de personnes de peur d’une mauvaise interprétation. Toutefois j’arriverai à en récupérer deux, celui du PEVAT et de mon seul opérateur (voir annexe page 16 et 17). J’ai également participé à cette enquête de commandement en réaffirmant ma bonne foi, mais mon compte-rendu semble s’être volatilisé…

Enfin le COL (T) Vincent m’a dit qu’il n’y a pas de recours possible sur un rapatriement et que quoi qu’il arrive pour la sanction, de ne pas faire de recours car je vais encore perdre… Toutefois, les charges accumulées sur cette dernière se sont considérablement amoindries depuis son établissement. Il ne reste en ce moment plus qu’un élément que le commandement de la DIRISI Papeete met à profit pour se maintenir la tête hors de l’eau mais celui-ci est mince et ne prouve certainement pas leur première accusation invoquée dans le rapport de rapatriement. Pris à la gorge sur un autre élément, ils sont d’une mauvaise foi absolue et n’ont jamais désiré revenir en arrière sur leurs éléments et leur accusation.

Ils ont finalement raison car toute l’armée est avec eux, et vice versa, toute l’armée est contre moi. Pour les protagonistes, la vie continue et elle est belle, rien ne leur est reproché sur quoi que ce soit et par qui que ce soit. J’ai donc le droit à une chose c’est à me taire et à travailler comme avant mais sans plus espérer quoi que ce soit en avancement, récompense, bonification, affectation gratifiante etc…

J’ai toujours écouté les anciens sous-officiers mais j’étais réfractaire aux dictons dans le genre : « les loups ne se mangent pas entre eux », « les sous-officiers, on est les gueux », …, .

J’ai vendu l’armée de terre à nombre de jeunes, que ce soit de ma famille, des proches, des connaissances ou même des inconnus lors des JDC. Les slogans type « l’armée est un ascenseur social », met en avant un certain avantage propre à elle-même mais masque aussi la réalité d’un commandement par le galon qui peut vous brisez à n’importe quel moment dans votre déroulé. J’étais fan de mon métier et fier d’y être, j’ai misé beaucoup sur ma carrière car je pensais que c’était fiable. Le galon d’adjudant est celui de tous les dangers et l’au-delà le plus complexe à obtenir. Il ne faut pas le rater sous peine d’être laissé pour mort, adjudant à vie. Certains officiers l’ont bien compris, en profitent et se permettent des choses avec des jeunes adjudants qui espèrent et souhaitent évoluer. A contrario ils ne vont pas insister avec les personnels en fin de contrat ou voulant quitter même si ces derniers abusent. Concrètement, si les subordonnés pouvaient « apprécier », sans pour autant « noter » leur commandement, ce serait une grande progression pour la Défense. Nous découvrions alors des choses intéressantes entre le chef qui veille aux intérêts de ses Hommes et celui qui ne voit que sa carrière et lui-même.

Enfin, pour le COL (T) Vincent, le LCL (T) Xavier est aujourd’hui chef du CIRISI les loges donc il est forcément parfait, sinon l’armée ne l’aurait pas mis là. Ce dernier semble être protégé par le système. A Tahiti, il voulait ma peau, à présent après avoir réalisé cette saisine, bien qu’elle soit un véritable coup d’épée dans l’eau, à quoi puis-je m’attendre avec l’institution et plus inquiétant, avec le LCL (T) Xavier ? Ce n’est pas normal que ma carrière ait été anéantie comme cela à cause d’un homme après une année de forte dégradation de condition de travail et d’harcèlement.

Le code de la défense stipule pourtant l’inverse, à savoir sur l’article L4123-10-2 (créé par LOI n°2014-873 du 4 août 2014 – art. 42)

« Aucun militaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel … . Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l’affectation et la mutation ne peut être prise à l’égard d’un militaire en prenant en considération : 1° Le fait qu’il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral mentionnés au premier alinéa ; 2° Le fait qu’il ait exercé un recours auprès d’un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; 3° Ou le fait qu’il ait témoigné de tels agissements ou qu’il les ait relatés. Est passible d’une sanction disciplinaire tout agent ou militaire ayant procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus. »

En illustration, je rappelle le suicide du second-maître à bord de la frégate LA FAYETTE en 2010. L’enquête interne de la marine nationale n’a rien décelée, « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes monsieur le ministre, RAS ! ». Ils ont même avancé qu’il se soit suicidé parce qu’il était homosexuel et qu’il avait une dette de jeu, ce que la mère du défunt réfute en bloc. Elle choisit de porter plainte dans le civil et là, le ton change, avec une vraie enquête, résultat, un an de prison avec sursis et 10 000 € d’amende confirmé en appel pour le pacha du navire. Depuis le chef d’état-major de la marine a annoncé que l’ancien pacha allait faire l’œuvre d’une sanction. Sans la plainte dans le civil, il n’aurait rien eu et tout ce serait passé normalement pour lui.

Mon successeur a trouvé en arrivant, une cellule au complet comme juste avant mon arrivée. Il n’a pas récupéré d’autres fonctions indues et le commandement a même une bienveillance particulière envers lui. Le CF Jean lui a dit de ne pas rester plus tard le soir et de prendre des pauses régulièrement, le paradoxe. En guise de réponse à mon recours et pour justifier la baisse, le commandement invoque une immaturité, un manque de confiance en moi, un refus de prise de responsabilité. Plus spectaculaire, ils affirment aussi que la baisse est dut à mes fébrilités et mon instabilité émotionnelle auxquels ils sont responsables à 100%.

Je suis victime de la face cachée du système, entièrement verrouillé par des carriéristes qui n’ont aucune considération pour les subordonnés. Je suis victime d’un commandement pitoyable qui s’est retrouvé dans ces fonctions imposé par leur cursus de carrière (Saint-Cyr, école navale, …) mais dénué de bienveillance, de respect et d’intérêt pour l’Homme. Enfin, je suis victime de la protection et de l’impunité dont jouissent ces officiers supérieurs qui ne fait que renforcer mon dégoût profond pour l’institution.

Adjudant Frédéric BONNET

Pour lire l’attestation cliquer sur le lien ci-dessous:

Attestation-FREDERIC-BONNET

3 Réponses pour PLAINTE POUR DIFFAMATION DU DGGN: RÉVÉLATIONS : JOUR «J+16» Attestation d’une victime de harcèlement au sein de la communauté militaire qui a attenté à ses jours.

  1. Capitaine Courage

    Bonjour Frédéric, chers camarades.

    Merci beaucoup pour ce récit très dur à lire mais qui nous rappelle à tous, combien nous pouvons, tous, un jour ou l’autre être les victimes de tels agissements. Vous êtes courageux et je me permets très humblement, face à toute cette détresse de vous apporter mon soutien moral indéfectible.
    Que dire de la lettre de septembre 2017 , pas grand chose à dire, cela ne m’étonne guère. Une honte. Un corporatisme d’un autre temps, d’une autre guerre….
    COURAGE FRERE D’ARME

  2. Cher Frédéric, qu’il est dur pour moi d’avoir lu ton récit. Je m’y suis retrouvé. Même grade, plus vieux, même scénario. Sauf que me concernant, il s’agit d’un commandant de groupement de Gendarmerie. Toujours en CLDM, à ce jour, j’ai eu le temps de parler autour de moi, de libérer la parole, me retirer ce lourd fardeau, cette culpabilité que l’on m’avait collé dans le dos. La roue tourne, si ce n’est pas dans le milieu militaire, c’est ailleurs…Plus les semaines passent et plus je me rends compte n’être pas le seul à avoir subi, à subir. Oui, aujourd’hui encore certains souffrent dans mon ancienne unité (preuves écrites). Mais leur attitude est dictée par la peur et le carriérisme : ils ne diront rien, ne feront rien. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour moi, pas pour eux, contre moi, certes, mais pas contre eux, les pauvres! Cela ne m’empêche pas de compatir à leur souffrance, de la palper, de la sentir, aussi. Préserve toi, camarade. Tu peux compter sur moi, sur nous.

  3. Frédéric BONNET

    Dans cette situation vous vous retrouvez seul face à une montagne, l’institution.
    Une mésentente avec un officier supérieur et je me retrouve brisé. L’armée qui avant voulait de moi et appréciée mon travail, veut aujourd’hui ma fin et le plus vite possible.

    Vous battre suggère de prendre un avocat ce qui peut alourdir votre descente aux enfers par une dépense financière supplémentaire qui peut devenir intenable. L’armée mise sur votre non-connaissance du droit, le militaire ne connait que ses devoirs. Les droits du militaire existent pourtant bien mais ils sont passés sous silence, divulgués le moins possible et encore moins appliqués…

    Le système est fait pour décourager les procédures, gros délai via la commission des recours militaire en espérant qu’entre temps, la victime soit passée à autre chose. Et surtout une étape supplémentaire pour d’une part augmenter la lourdeur mais aussi pour permettre de filtrer un nombre croissant de requête qui pourrait finir au tribunal administratif.

    Il est intéressant de lire la lettre de septembre 2017 rédigée par le cabinet du chef d’état-major de l’armée de terre que je ne commenterai pas :

    « La judiciarisation croissante de notre société ne nous épargne pas et, régulièrement, des décisions disciplinaires sont contestées devant le juge administratif. Afin de les sécuriser, il me paraît essentiel de tirer des enseignements des affaires récentes dans lesquelles la juridiction administrative a rendu, pour des motifs de forme et non de fond, des jugements allant à l’encontre des décisions de la chaine de commandement. »

    « Enfin, au-delà du parquet et des juridictions classiques, je vous engage à nouer et entretenir des liens avec les juges administratifs dont vous dépendez localement – et tout particulièrement ceux des cours administratives d’appel – afin de les sensibiliser à la spécificité du métier militaire et à l’exigence d’exemplarité en tout temps et en tout lieu qu’impose le fait de porter les armes de la Nation. ».

    Enfin, je remercie le PEVAT de la DIRISI Papeete, ainsi que mon ex adjoint pour avoir dit la vérité dans leur réponse à l’enquête de commandement. Ils n’ont pas eu peur malgré la menace, eux aussi, ont osé !

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