«Le pantalon». Une œuvre magistrale sur la réalité de la culture militaire.

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«Le pantalon». Une œuvre magistrale sur la réalité de la culture militaire.

Durant la première grande guerre, c’était le peloton d’exécution pour «un refus d’obéissance devant l’ennemi» inventé de toute pièce.

Aujourd’hui, le militaire est exécuté dans le silence par le suicide, le burn-out, le harcèlement, etc.. Les mensonges, les faux en écriture, les méthodes de manipulation n’ont pas changé depuis cette époque. La culture militaire est prête à tout pour préserver l’autorité du chef infaillible.

Ce téléfilm raconte l’histoire vraie d’un homme d’honneur, d’un soldat, d’un héros exécuté au nom de la France qu’il défendait avec force et honneur. Il a simplement eu le tort de s’opposer à ses chefs pour défendre sa dignité et rien de plus…

Ce fait historique reste toujours d’actualité, même si les procédés ont évolué sous une forme plus raffinée, plus perverse et plus pernicieuse.

Ci-dessous, le lien pour voir ce film d’exception.

Clicuer [ICI] pour voir le film.

Source: www.youtube.com

Le Pantalon est un téléfilm français réalisé par Yves Boisset et diffusé en 1997 d’après le livre d’Alain Scoff.

  • Résumé:

Depuis octobre 1914, la première guerre mondiale s’enlise dans la guerre de position sur le front de l’ouest.

Fantassin au 60e Régiment d’infanterie, Lucien Bersot, maréchal-ferrant et jeune père de famille, fait son devoir de citoyen au front. Il attend impatiemment sa prochaine permission pour revoir sa famille.

Mais le destin, sous la forme d’un pantalon en a décidé autrement. En effet, au moment de s’équiper avant l’arrivée au front, on lui attribue un pantalon de treillis blanc, au lieu du pantalon garance de l’uniforme de l’armée française, car il n’y en avait plus à sa taille.

Lors de la revue de troupe, un officier exige qu’on lui octroie un pantalon réglementaire, or celui que le sergent fourrier lui propose est taché de sang, déchiré, car il provient d’un cadavre.

Bersot refuse de le porter. Ce refus d’obéissance lui vaut d’être interné jusqu’à ce qu’à son passage en cour martiale.

Deux camarades de Lucien Bersot, se dressent contre cette injustice et en informent le colonel.

Celui-ci ayant appris que des soldats défaitistes déserteraient dans les tranchées veut faire un exemple. L’entrevue tourne au malentendu et les deux soldats sont enfermés eux aussi.

Le procès qui s’en suit est à sens unique car le colonel qui préside la cour abuse de son pouvoir. Celle-ci condamne les frères d’armes de Lucien Bersot aux travaux forcés et ce dernier à la peine capitale.

Le défenseur du pauvre soldat le lieutenant Guérin, l’ayant vu combattre, tente de le sauver en allant demander la grâce du général. Malheureusement l’artillerie ennemie pilonne le chemin qui y conduit et voue cette tentative à l’échec.

Le soldat Bersot est fusillé le lendemain à l’aube pour l’exemple devant les nouvelles recrues et le reste de ses camarades.

20 Réponses pour «Le pantalon». Une œuvre magistrale sur la réalité de la culture militaire.

  1. Réponse à PH Robin.

    Cher camarade.

    Votre argumentaire me paraît en l’état un peu léger. Le film le « pantalon » est un exemple parmi tant d’autres que vous ne pouvez ignorer. Un petit rappel à l’histoire par quelques affaires non exhaustives vous permettra d’appréhender la constance des pratiques managériales militaires et de la culture de soumission qui en découle. Il ne s’agit en aucun cas d’obéissance. J’ose espérer que l’histoire avec un grand « H » sera une preuve suffisante à vos yeux pour admettre une réalité qui vous aveugle.
    L’affaire Dreyfus par exemple en est la flagrante démonstration et comporte à elle seule, tous les types de manipulations, de stratagèmes, de faux, de collusions et de manœuvres destinées à faire condamner un honnête homme alors que la vérité est manifestement connue. Là encore, il a fallu des lanceurs d’alerte et des hommes d’exception pour livrer un combat acharné pour réhabiliter et innocenter le capitaine DREYFUS.
    Plus récemment, le Général Paul AUSSARESSES reconnut en 2000 avoir eu recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, en particulier lors de la bataille d’Alger. Après ces révélations, il est déchu de sa Légion d’honneur et fait l’objet de tentatives d’assassinats.
    Le général PÂRIS de BOLLARDIERE à son retour en France, s’exprime publiquement au sujet de la torture à l’occasion de la sortie du livre de Jean-Jacques Servan-Schreiber Lieutenant en Algérie. Sa prise de position publique lui vaut une sanction de soixante jours d’arrêt de forteresse, le 15 avril 1957, à La Courneuve.
    Confronté aux atrocités nazies commises au Maquis des Manises où il a été responsable de la Mission Citronelle, c’est là qu’il aurait acquis la conviction que la torture est le propre des régimes totalitaires.
    Jacques PÂRIS de Bollardière est le seul officier supérieur alors en fonction à avoir condamné ouvertement l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie : il dénonce à ses chefs « certains procédés » pratiqués par une partie de l’armée française dans la recherche du renseignement lors de la guerre d’Algérie.
    Il écrit quelques années plus tard : « Je pense avec un respect infini à ceux de mes frères, arabes ou français, qui sont morts comme le Christ, aux mains de leurs semblables, flagellés, torturés, défigurés par le mépris des hommes ». Il soutient Jean-Jacques Servan-Schreiber dans sa dénonciation de la torture.
    « La guerre n’est qu’une dangereuse maladie d’une humanité infantile qui cherche douloureusement sa voie. La torture, ce dialogue dans l’horreur, n’est que l’envers affreux de la communication fraternelle. Elle dégrade celui qui l’inflige plus encore que celui qui la subit. Céder à la violence et à la torture, c’est, par impuissance à croire en l’homme, renoncer à construire un monde plus humain. »

    Certainement avez-vous connaissance des « notes officieuses » rédigées par les services de renseignements pendant la seconde guerre mondiale et qui ont conduit à de nombreuses exécutions d’innocents. Actuellement ces notes sont appelées « notes blanches » même si elles n’ont pas le même effet mortifère.

    Faut-il aussi vous rappeler tout ceux qui ont servi le régime de VICHY au côté du Maréchal PETAIN dont de nombreux militaires de la Gendarmerie. Tous n’ont pas été résistants. Les collabos en notre sein ont été malheureusement légion. Ce fait historique doit être admis quoique vous en pensiez. Nous avons nos héros mais nous avons aussi nos crapules. Ces derniers ne doivent en aucun cas entacher l’honneur des militaires au service de la Nation, respectueux des valeurs de la République.

    Plus récemment, sur des territoires étrangers, faut-il vous rappeler des morts dans des missions singulières ayant impacté des pays africains par exemple. La littérature dans ce domaine est très riche et les auteurs pléthores. Nous ne sommes pas des anti-militaristes comme vous le prétendez mais des militaires, des vrais, des hommes d’honneur, ce qui semble vous faire manifestement défaut.

    Nous ne soutenons pas les mêmes hommes c’est certain. Nous, nous assumons notre partie pris pour la défense des victimes et non pour les tortionnaires ce qui semble être votre cas.
    Il n’y a aucun honneur à bafouer nos valeurs et à agir ainsi contre ses propres hommes. Le chef doit veiller aux intérêts de ses subordonnés et être le garant du droit au sein des armées. En aucun cas, il ne doit se comporter en harceleur pervers narcissique uniquement par esprit corporatiste d’une caste oligarchique en déliquescence.

    Vous pouvez continuer à jacter au fond de votre poulailler, la vérité s’imposera d’elle-même. Bien à vous.

    • monsieur, ou madame, merci pour le mot Jacter … votre argumentaire en perd de sa pertinence…

      mon argumentaire comme vous dites , n’est pas léger. il n’est que mon vécu de militaire . rien de plus et je le maintiens. je n’ai pas la prétention d’en tirer des conclusions et des parallèles avec les grands mouvements de notre histoire militaire.
      le votre en revanche est assez confus et me semble -je me trompe surement- refleter des prises de positions que vous essayez de lier entre elles. c’est votre droit. mais je ne connais pas bcp d’historiens qui feront la même démarche.

      j’en reviens donc à ma position de départ
      on peut discuter légitimement du harcelement,on peut discuter de l’histoire de france mais on ne fait pas de mélange de mauvais gout.

      merci pour les leçons d’histoire que je connais parfaitement et que je m’attache toujours à lier au contexte politique et sociétal de chaque époque. il s’avère que je suis d’ailleurs féru d’histoire.
      alors allons-y
      Dreyfus ? Mais on parle de quoi ?? est où la relation avec le harcèlement au travail ? Dreyfus a payé pour une société polarisée entre droite et gauche française en pleine loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. rien de plus. dramatique pour l’individu, j’en conviens.
      VICHY et la gendarmerie ? et la police ? et l’armée ? combien « d’indignés » qui se sont révoltés dès juillet 40 ? quel rapport avec le harcèlement ?
      Quel rapport entre la torture ou le refus de la torture et les prises de positons d’AUSSARESSes ou DE PARIS ? vous semblez oublier l’état d’esprit de la société française en 1954-1957.? je ne cautionne pas les choix des uns ou des autres. entendons nous bien. mais il faut aussi admettre que le « sale boulot » des AAUSSERESSES ne dérangeait aps grand monde à l’époqe..
      Que savez vous de l’éxigence du chef au combat ? « ne me dites pas que c’est impossible »: c’est LECLERC qui le disait en poussant encore et toujours ses unités vers l’avant… quel rapport avec le harcèlement ? BIGEARD à la tête des ses pars était-il une brute avinée ? et HELIE DE SAINT MARC aussi , je présume…
      Quel rapport avec les notes officieuses de la 2e GM ? le BCRA a fait des trucs pas bien ? oui , c’est vrai . c’est pas beau mais c’est ainsi.
      vous auriez pu d’ailleurs rajouter le massacre de Sétif en 1945 (assumé par le chef de gouvernment de l’époque qui est , comme chacun le sait, l’archétype du chef tordu et machiavélique…) ou la prise de la smala d’abdel kader en 1831
      Vos conclusions sont vraies mais partielles !Tout sauf un travail d’historien mais une vraie posture partisane. c’est votre droit mais vous ne convainquerez personne.
      Elles ne permettent pas de dire qu’elles sont liées à des modes d’exercice du commandement militaire.
      merci pour les allusions aux « morts singulières ». on peut y trouver tout et sn contraire. je note simplement , une fois encore, qu’elles sont le fait de circonstances et de choix politiques, pas forcément de l’excès de chefs locaux vis- à vis de leur subordonnés directs.
      votre longue réponse est donc un peu hors sujet : aucun rapport avec le harcèlement.
      Quant aux fusillés de 1914 (ce de cela dont il s’agit), je ne vais pas vous faire un cours mais je vous demande d’éléver un peu le débat sans tomber dans le drame personnel. rappelez vous l’état de l’armée française en septembre 1914, rappelez vous que la france a perdu le quart de ses morts dans les cinq premiers mois de guerre. rappelez vous que les chefs militaires dont une grande part a été limogée était au bord de l’effondrement mais que la relève a tenu . grace à quoi et à qui ? comment un PETAIN, colonel en retraite a t’il pu y arriver. (au passage évitez svp de me faire le couplet de la seconde partie de sa vie car c’est un autre débat). Rappelez vous l’ordre -terrible- du maréchal JoFFRE : « on ne cède plus un pouce de terrain, quitte à mourir sur place » . vous allez me dire « c’est facile ! installé dans son fauteuil ». mais je n’attend pas d’un chef d’armée qu’il soit dans la tranchée. merci de ne pas oublier les 44 années qui ont précédé sept 1914 : 1870 dont aucun des chefs politiques et militaires de l’époque nétait responsable, mais qu’aucun d’eux ne voulait revivre. rappelez vous donc le formatage sociétal de la france revancharde et de ce culte de l’offensive. il n’était pas uniquement ancré dans les esprits des petits chefs. il était tout simplement hors de question de perdre à nouveau la guerre. rappelez vous l’organisation juridique et institutionnelle de la france en état de guerre : le généralissime avait des pouvoirs quasi dictatoriaux dans la zone des opérations, parce que les politiques en avaient décidé ainsi. c’est pour cela que nous avons eu les fusillés en 1914. maintenant et je me garde de juger ou de justifier : qu’eut-il fallu ordonner ? fuire, se rendre ? continuer le combat? mourir sur place? ? rendre les armes ? tout cela n’est que conjectureS… voilà pour la leçon d’histoire.

      tout ceci démontre qu’on est très loin du harcèlement, ce qui démontre parfaitement la confusion des genres et l’instrumentalisation d’un fait historique pour défendre SA cause.

      je me repète et j’en reviens donc à ma position de départ
      on peut discuter légitimement du harcelement,on peut discuter de l’histoire de france mais on ne fait pas de mélange de mauvais gout.

      • Cher ROBIN,
        Je vous lis depuis quelques temps. Vous semblez être un ardent défenseur de la communuté militaire que vous voulez représenter au travers de votre parcours professionnel bien rempli et sans aspérité apparemment.
        Au travers de certains de vos mots » je suis un féru d’hstoire » par exemple, vous démontrez une propension à l’emploi du « je », donc une vision et une affirmation égocentrique que l’on retrouve hélas chez les pervers narcissiques harceleurs par un besoin irrépressible d’exister.
        J’ose espérer que cela n’a pas été votre cas.
        La sociologie des sociétés est plurielle et les armées ne font pas exception.
        Il me semble à l’évidence que le message induit, incompris vous concernant, pourtant très clairment explicité et que vous refusez manifestement d’entendre est que la culture de « SOUMISSION » au sein des armées n’est en rien en adéquation avec l’obéïssance du subordonné.
        C’est la cause dénoncée de ce mal qui tue les victimes au sein des armées, l’effectivité du Droit étant par essence un leurre au sein de cette communauté militaire.
        Ce n’est un scoop pour personne. Des chercheurs au CNRS, des maîtres de conférence du CNAM ou des avocats spécialisés par exemples, l’ont établi de manière formelle et sans aucune difficulté. Il en est de même pour le harcèlement moral au travail et pour l’épuisement professionnel au travail (burn-out). Peut-être est-ce encore insuffisant pour vous?
        Pour le comprendre et l’accepter, il faut l’éprouver comme l’ont fait ces victimes qui témoignent en masse.
        Quand un article entraîne plus de 25 000 vues, le constat de la légitimité de celui-ci s’impose de lui-même. Il s’agit d’une réponse implacable et cinglante pour les autorités militaires et politiques qui restent aveugles dans leur constance habituelle par un déni de réalité.
        Le courage, c’est décider et non subir! La encore, une fois élu, plus rien ne bouge. Les promesses, les promesses, toujours les promesses…
        Les références sont une chose et le vécu en est une autre. Le parcours de ces militaires est aussi légitime que le vôtre si ce n’est pas plus. Il y a parmi eux, des blessés de guerre, des profils professionnels exceptionnels, parfois ils ont même sauvé la vie de personnes, travaillé sur des dossiers hors normes, etc…
        Lorsque l’on ignore le profil des personnes avec lesquelles on échange ou que l’on met en cause, un peu d’humilité s’impose.
        Dans le milieu militaire, l’autorité ne peut vaciller car c’est le dogme hiérarchique et la chaîne de commandement qui s’écroulent, ce qui est impossibl!
        C’est l’histoire de ce film et des pratiques actuelles dénoncées. Le monde évolue et les cultures managériales aussi même si elles sont refusées.
        Pour être plus productif, il faut être bien dans sa tête, donc traiter les hommes en humain et non pas en chose.
        La chosification de l’individu par la soumission est un thème que vous devriez étudier, c’est aussi de l’Histoire. L’ignorer serait une Histoire incomplète et dénuée de sens. L’Histoire nous aide pour construire notre futur. Les passéistes refusent l’évolution, le progrès.
        Les armées ne peuvent y échapper. L’Histoire militaire est en route et vous ne le voyez pas, c’est dommage!
        Si vous relevez des mots qui vous ont vexé, les vôtres ont pu blessés profondément voire meurtrir des victimes, je puis vous l’assurer.
        Débattre, est une très bonne chose lorsque chacun écoute l’autre au lieu de s’enferrer dans ses positions sans ouverture possible.
        Pour l’argument ad hominem, ou ex concessis, 16e stratagème recensé par Arthur Schopenhauer dans son opuscule « La Dialectique éristique » désignant un argument de rhétorique qui consiste à confondre un adversaire en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actes, vous en êtes le premier utilisateur.
        Alors pas de mesquinerie.
        Il s’agit vous concernant d’un effet miroir (psychologie), que là encore, on retrouve chez les pervers narcissiques.

        Cela fait un peu beaucoup, je crois. C’est peut-être le fruit du hasard?
        A méditer, je crois!!!! Mes cordiales salutation. PETITJEAN

        • dreyfus
          j’entends ce que vous dites.

          le « JE » , selon moi, coule de source car il n’engage que moi. Point de narcissisme (merci de me laisser croire que les sociologues en sont farcis) comme vous dites mais simplement l’humilité pour dire que ce n’est que MON ressenti. il y a peu, dans les media, nous eumes droit à ce genre de débat entre deux femmes victimes de la violence masculine.
          vous me permettrez de ne pas porter une foi inébranlable dans les productions du CNRS. je ne dis pas que tout y est à jeter mais je sais aussi qu’une minorité ne brille pas forcément par une grande ouverture d’esprit. mes lectures sur le commandement sont plutôt MAHUD’HUY, LIAUTEY, etc.
          vous me rejoignez – je le dis de cette manière- quand vous parlez du parcours de nos anciens. et j’aimerais surtout qu’on respecte leur vie passée en ne faisant pas de comparaison hative, toute proportions gardées.cela dit sans blayer les difficultés d’aujourd’hui.
          j’admets le concept de chosification mais je pense qu’il est consubstanciel à toute organisation humaine et se révèle encore plus nettement avec la taille de l’organisation. la clef réside dans la responsabilisation des structures intermédiaires, ce que, me semble t’il les armées savent assez bien faire. tout simplement parce que la guerre est affaire de volonté, qu’une idée émise par le général doit se décliner, se décomposer et se fragmenter par étape, transformant ainsi la manoeuvre en un puzzle qu’il faut assembler de manière aussi logique que possible alors que votre Ennemi fait tout pour que vous n’y parveniez pas. c’est ce qui justifie cette organisation pyramidale, certes mais aussi ce fractionnement des responsabilités et la proximité avec la troupe qu’on envoie au combat. de ce point de vue, votre vision de la chosification me paraît assez binaire car elle ommet la dimension humaine de la guerre : on ne dit pas à ses hommes : « à l’assaut et fermez vos gueules! ».

          si j’ai blessé des individus,qu’ils me pardonnent mais je n’enlève rien à ce que je dis.

          • Cher Robin,
            Merci pour la qualité de ce débat passionné qui a le mérite de mettre en exergue des échanges de qualité malgré les divergences constatées.
            Concernant l’emploi du « je », il s’agissait d’une approche psychologique et vous l’aurez parfaitement compris notamment par ses conséquences.
            Chacun n’engage dans ses propos que lui même à moins de se prendre pour Napoléon ou je ne sais qui d’autre…
            Je reviens sur la problématique essentielle, celle de la confusion entre « SOUMISSION » et « OBEISSANCE ».
            Il s’agit en l’occurence des respects des droits de l’individu tout simplement, même au sein des armées.
            Les victimes de ces situations, sont des militaires de très grande qualité et de grande valeur.
            Ils ont embrassé les valeurs de l’état militaire avec un engagement sans faille. C’est une fois, celles-ci bafouées et transgressées par ceux qui avaient la charge de les faire appliquer que cela a provoqué en eux, un état de sidération, puis un choc systémique, car leur engagement est remis en cause. Il n’y a pas d’amalgame à faire et il y a de grands chefs et des militaires exceptionnels à tous les niveaux.
            Le problème est que lorsqu’un maillon de la chaîne hiérarchique est remis en cause, le système dysfonctionne car la citadelle de la hiérarchie ne peut être ébranlée au risque de discréditer tout le commandement.
            C’est l’hstoire du film et ce que subissent ces victimes, d’où la difficulté culturelle et l’impossibilité de les reconnaître.
            C’est la gestion de ces cas individuels qui permet de l’affirmer et non pas les grandes phrases.
            Quand les preuves de violation du droit sont évidentes et accablantes: courriels, sms, courriers et enregistrements, vous pensez encore encore pouvoir le nier.
            Ce sont certains acteurs institutionnels qui en sont la cause pas les insttutions dont chaque militaire en est un digne représentant.
            Ce n’est que mon humble avis fondé sur un travail depuis de très longues années et de nombreux dossiers traités, analyses et appels reçus. Cordialement,

        • PetitJean

          je souhaite préciser deux ou trois points (qui ne vous sont d’ailleurs pas adressés)
          1/ je ne me vexe jamais d’échanges epistolaires avec des personnes que je ne connais pas. ce qui m’agace , ou me désole, ce sont toujours les mots qui expriment des attaques ad nomineme. autrement dit les gens qui argumentent non sur des faits mais en accusant le contradicteur de tous les maux. c’est symptomatique de notre société de la soi disante proximité et communication. face aux gens , on ne dit pas la vérité et on se déchaîne , bien abrité derrière son ordinateur.
          2/ je n’ai jamais insulté un contradicteur. en revanche – et c’est un exemple -dire que je jacte n’élève pas son auteur car cela ne démontre rien.
          pour terminer sur ce point, je ne sollicite pas la miséricorde en retour, je veux seulement un débat sur le fond.
          sur le fond justement, vous allez dans mon sens, ces affaires de harcèlement ne sont le fait que de situations individuelles, provenant de « petitschefs »qui existent dans toutes les organisations : maladresse ? insensibilité ? incompétence ? erruer de casting ? certainement tout à la fois. les dénoncer ? evidemment. mais comme je l’ai déjà dit : toujours difficile à démontrer.
          enfin, en ce qui concerne mon parcours et mon expérience, je n’ai pas l’habitude de « raconter mes campagnes ». j’ai néanmoins l’âge de la lucidité.
          cordialement

  2. Bonjour à tous,

    Cher Ph. Robin, vous conviendrez qu’il est plus aisé pour un officier d’exercer des violences psychologiques sur un subalterne.
    Les moyens sont intrinsèquement liés au statut hiérarchique, donc forcément disproportionnées.
    Je ne connais pas de cas qui précisent l’inverse.
    Si vous avez des exemples, cela est tout aussi condamnable.
    Les seules mises en cause réelles d’un militaire sont lorsque celui-ci a eu affaire au monde civil. Pour traiter ces litiges, il y a plus d’indépendance. Je ne dis pas complète indépendance car elle n’existe pas lorsqu’il s’agit de l’Etat.
    Toutefois, je rejoins votre analyse, comparons ce qui est comparable!
    Les situations politiques, économiques et sociales entre les années 1914 et 2017 ne sont pas identiques. Ceci dit, si nous n’avions rien connu d’autre, il en serait autrement.
    La « Grande Guerre » a beaucoup appris aux nations, mais cela ne les a pas empêché de réitérer.
    Ce qui tend à prouver que l’homme est bel et bien la constante de l’équation. Son comportement n’a donc que peu évolué depuis 1914.
    Même si des structures de défense de certains droits ont vu le jour, elles sont internes aux institutions et ne répondent qu’aux acteurs de ces institutions.
    Pour en être victime, je puis vous assurer que les investigations sont faites à charge concernant le lanceur d’alerte.
    Il est difficile de remettre en cause la chaine de commandement, a fortiori même lorsque la hiérarchie se rend coupable.
    Il est plus facile de démonter, de démembrer un sous-officier ou un homme du rang avec des moyens de pression évidemment décuplés que l’on connait, lorsqu’il est injustement traité de subversif.
    Comme je le signale dans une réponse sur un autre sujet, c’est bien le juste reflet de ce qui se passe dans le civil.
    Pour ma part j’irai plus loin que 1914 concernant le comportement de ces personnages : c’est médiéval car il s’agit d’un asservissement moyenâgeux mais avec des méthodes modernes de coercition.

    Cordialement

    • cher stéphane, enfin une réponse argumentée et posée qui ne finit pas catégorisation caricaturale et ad nominem.
      vous avez bien compris que je ne veux pas entrer dans le débat du harcèlement, qui mérite un post à part.
      je regrette encore une fois l’instrumentalisation d’un film qui traite d’un sujet hsitorique, de manières un peu partisane il faut l’avouer, pour défendre une cause qui mérite notre attention.
      sur le harcèlement, je vais vous faire un aveu : je fus certes un chef mais aussi un subordonné et jamais, je dis bien jamais je n’ai eu a souffrir de harcèlement, à constater le moindre harcèlement dans mon entourage professionnel (et pourtant j’ai servi 15 ans dans six régiments différents, et 15 autres dans 5 états-majors, pour la plupart opérationnels).
      ce que j’ai pu constater c’est que chefs comme subordonnés peuvent se répartir également le « taux de connerie », j’ai aussi pu constater que certains chefs n’étaitent pas doués pour fédérer les énergies, heureusement, j’ai eu en des chefs biens, pas marrants mais bien. et je n’étais pas un cas particulier.
      j’ai aussi pu me rendre compte de la capacité de pollution de ses pairs ou de subordonnés dont les travers pénalisent aussi les bons.
      ce que j’ai pu constater c’est que ce phénomène de harcèlement devient toujours très délicat à déterminer , surtout quand on est chef et qu’on vient vous en parler. très souvent, hélas , c’est un peu comme le divorce, les torts peuvent se situer dans les deux camps. de plus en plus aussi, il devient impossible de dire que le travail n’est pas satisfaisant , ou tout simplement de dire non.

      attention, je ne veux pas renvoyer les gens dos à dos mais, ayant été en situation de responsabilité de chef de corps pendant 6 ans, je me suis rendu compte que déméler le vrai du faux , y compris avec l’appui des assistantes sociales ou de la gendarmerie, ne fut jamais aisé.
      tout ceci n’occulte pas les faits avérés de harcèlement , dieu merci assez peu fréquents à l’échelle d’organisations comme les armées (ou la police, ou les hopitaux, ou les grandes entreprises que sais je? ).
      je n’oublie pas aussi que les chefs de petites structures (les PME-TPE) ne peuvent se payer le luxe de dire les choses avec de la paumade. il faut là aussi reconnaître qu’on apprend pas à nos jeunes générations à affronter la rugoristé des rapports humains.
      bref tout cela pour dire, que la focalisation ou la polarisation extrême sur les drames des relations humaines, bein evidememnt assorties d’une publicité parfois caricaturale (comme dans cette instrumentalisation du film) ne me parâit pas être forcément une bonne chose.
      j’aimerais qu’on s’attarde aussi sur les trains qui partent à l’heure, dans le cas présent, le nombre de situations dénoncées par le commandement et qui ont fait l’objet d’une action de l’administration ou de la justice.
      je tines à dire que j’ai quitté cette institution après 35 années de service super, avec des cheffs, des pairs et des subordonnés super, et forcément aussi quelques c… à tous les étages.
      cordialement

      • «  » » » » » »tout ceci n’occulte pas les faits avérés de harcèlement , dieu merci assez peu fréquents à l’échelle d’organisations comme les armées (ou la police, ou les hopitaux, ou les grandes entreprises que sais je? ). » » » » » » »
        —————————

        C’est que vous n’y avez jamais été confrontés. Je ne sais pas dans quelle arme vous avez servi mais une chose est certaine, soit vous étiez aveugle à la souffrance de vos personnels maltraités sous vos yeux ou sourd à leurs appels à l’aide. Dans tous les cas, ne parlez pas de harcèlements, vous en ignorez tout!!!!!

        • j’ai compris.
          non madame, monsieur,

          je ne fus ni aveugle, ni insensible. je vous dis seulement ce que j’ai eu la chance de vivre. ne venez surtout pas me donner des leçons de vie.et je crois que cela reste -heureusement- le cas général. pas seulement dans les armées d’ailleurs.

          un cas personnel si dramatique et avéré fut-il ne permet pas d’en faire un postulat applicable à toute une organisation.

          bonne soirée.

        • Bonjour a tous,
          Concernant Ph Robin, ne pourrait on pas considérer qu’effectivement, lors de son passage dans la plus belle des institutions, il n’ait pas été confronté a ces violences psychologiques ?
          Si elles existent aujourd’hui, elles n’étaient pas considérées comme telles, voilà 20 ans en arrière. Il a fallu comme toute maladie, lui trouver un nom, l’identifier.
          Oui Ph Robin, je pense profondément que vous avez connu telles situations, mais face à un mal sans nom, il est difficile de s’en souvenir. Peut être même en avez vous été acteur sans le savoir. Je reste persuadé que d’active aujourd’hui, avec ce que vous savez, ce que vous avez vu, vécu et entendu, vous agiriez autrement face à ces situations. Ph Robin, même sans en connaitre, et c’est tant mieux, il ne faut toutefois pas sous estimer le phénomène. Trop de militaires sont brisés, injustement, d’oû le paralèlle avec l’affaire Dreyfus.
          Cordialement

  3. Cher Ph. Robin.
    Merci pour votre témoignage. Permettez moi de vous dire que vous menez un combat d arrière garde. Le fait que vous ne parliez même pas des victimes de harcèlements ou de souffrances imposées aux hommes de « base », vous déshonore et vous place dans cette position sectaire  » pro officiers. Tout est dit

    • cher monsieur
      merci de ne pas me parler de déshonneur mais argumentez en tentant de sortir d’une vision binaire des choses.
      avant d’employer de grands mots, ayez un peu de recul pour penser ce que fut la souffrance en 1914-1918. si vous en êtes encore à croire que l’armée française, et toutes les armées d’ailleurs, on fait ce qu’elles ont fait sous le seul règne d’une terreur imposée par leurs officiers, alors je vous plains.
      je ne méconnais pas les manquements, les fautes et les erreurs . il y en eut et il y en a et il y en aura hélas encore.
      vous mélangez tout, je veux bien parler de 1914 ; je veux bien parler de 2017 mais je réfute ce parallèle douteux.
      si votre posture se limite à dire que tous les officiers sont des salauds, et le militaire du rang, un mec bien, c’est un peu court et cela ne fait pas avancer les choses.
      j’ai servi 35 ans notre armée et la connerie, l’égoisme, la peur et la lacheté sont également réparties.

    • ça c’est du grand n’importe quoi, avant d’avancer ce genre de fadaises, lisez svp le livre du général BACH, allez sur le site PRISME 1418 et regardez surtout qui participe aux études. car je vous vois venir : vous allez me dire que ce sont tous des suppots de la hiérarchie militaire.
      cher monsieur, si la hiérarchie militaire vous insupporte, expliquez moi comment fonctionne une armée ? c’est aussi valable dans le monde non militaire.

    • je ne poursuis pas un combat d’arrière garde parce que je ne vois pas où est le combat d’arrière garde. il est tout simplement un combat d’honneteté : je ne mets pas sur le même plan des hommes qui ont été fusillés et des fautes de harcèlement en 2017.
      a vous lire toute la troupe (100000 soldats) souffre le martyr dans les rangs de l’armée française.
      je veux bien en parler mais pas par comparaison avec une autre époque hélas très difficile de notre histoire. c’est du misérabilisme de mauvais goût.
      maintenant, si vous voulez me parler du harcèlement, il y en a toujours trop. et peu importe les grades concernés d’ailleurs. je pense aussi que toute communauté d’hommmes et de femmes le cottoie. parce que nous sommes des hommes. le harcèlement n’est pas propre aux armées et concerne toute la société. et c’est pour cela qu’il y a un dispositif de lutte. cela n’a rien à voir avec l’état de guerre et les circonstances des éxécutions. soyons sérieux.

  4. Cher camarade, désolé, je ne vous suis pas, et je vous avoue que je vous suis et vous lis de moins en moins.

    je trouve scandaleux de faire un parallèle -douteux- entre les fusillés de 1914-1918, et les situations personnelles de certains camarades, que je me garderai bien de juger.
    Non, cher camarade, il n’y a pas similitude entre ces deux situations. 2017 n’est pas 1914. il faut raison garder. si vous entrez dans ce jeu, vous insultez surtout nos anciens qui se sont engagés dans une guerre sans gaité de coeur mais qui n’ont pas flanché pendant la guerre. vous vous complaisez dans la rengaine antimilitariste qui veut que ce sont des chefs abrutis qui ont ordonné des éxécutions sommaires. Je ne nie pas le caractère expéditif de bien des fusillés en 1914. mais c’est une peu court de réduire cela à une perception d’un commandement froid, borné et sectaire. c’est un peu oublier la situation générale des armées et du pays à la fin 1914, et des armées au bord de l’effondrement et de la panique.
    Pardonnez-moi, je trouve encore plus scandaleux qu’un officier ne prenne pas la hauteur de vue nécessaire et ne sorte pas d’un poncif qu’il pense instrumentaliser pour défendre sa cause.
    Au delà du caractère polémiste du film d’yves boisset, fondé sur une appréciation toute personnelle et politique de la chose militaire au début de la seconde guerre mondiale, hélas vraie mais réductrice car déconnectée du contexte de l’époque. je vous invite à aller sur le site http://prisme1418.blogspot.fr/ indépendant, dépassionné et mis en oeuvre par le général BACH, auteur hélas décédé d’un livre qui fait référence sur cette question.

    de manière plus générale, le durcissement du discours peut devenir inaudible, tant il tourne à la caricature.

    avec franchise et en toute cordialité

    • Le contexte de l’époque..Laissez-moi rire..Ainsi la crainte des officiers de voir des mouvements collectifs d’indiscipline se manifester à l’arrière nécessitait tout et n’importe quoi pour justifier la puissance hiérarchique. Rien n’a changé. Monsieur MORRA a raison. Il y avait les fusillés pour l’exemple, il y aura les meurtres psychologiques pour l’exemple. Le résultat est le même. Ca tue!!!!!!!!!!!!!!!!!

  5. Je l’ai vu.. Terrible ce film. et pourtant effectivement .. à des degrés divers, toujours d’actualité.

  6. Bonjour cher ami. Merci pour ce lien et ce très beau film. Je suis très ému et si triste à la fois. C’était un soldat très très courageux.
    Au-delà du combat que je mène pour moi-même, je me bats aussi pour le droit des autres, avec les quelques forces qui me restent malgré les maux qui m’assaillent sans prévenir et dont tu connais, Paul la douloureuse intensité et sa gestuelle si singulière .
    Merci pour ton aide et ton amitié indéfectible; Je ne suis pas très bien depuis de longs mois et ces derniers jours plus particulièrement. N’ayez jamais peur de vous défendre? Il n’y a pas plus grand sacrifice que l’honneur.
     »Dans la vie il n’y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent.” “Etre homme, c’est précisément être responsable. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde.” “Le plus beau métier d’homme est le métier d’unir les hommes.”. Je vous à tous une bien belle fin de journée et beaucoup de bonheur à venir.

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