« Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme », par Christel Coton, Editions Agone, Marseille, 2017

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« Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme »

Par Christel Coton, Editions Agone, Marseille, 2017

Christel Coton est maître de conférences en sociologie à l’université Paris Panthéon Sorbonne, membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP-CSE). Ses recherches portent principalement sur l’institution militaire et les rapports de classe.

*

***

Quand tu es capitaine commandant, tu es propulsé. Tu es mis sur un piédestal en permanence. Mais le commandement, c’est du paraître. C’est du théâtre ! C’est que de la com’. Il faut attirer l’attention.
Et ce sont les subordonnés qui en redemandent. Ils demandent que tu sois mégalo… un petit peu. Un chef, il faut que, de temps en temps, il pète un câble. Ils veulent un capitaine qui a de la gueule. ta modestie, ils n’en veulent pas… Ils veulent que de la gloriole ! Du foutre, de la gloriole et de la fierté.

Alors que la lutte contre le terrorisme nous habitue toujours plus à la présence de militaires dans l’espace public, et que certains en appellent à l’armée pour « recadrer » et « remotiver » la jeunesse déshéritée, on en sait en réalité bien peu sur cette institution. Cet ouvrage, fruit d’une enquête par immersion en milieu officier, nous ouvre les portes d’un univers encore méconnu et en renouvelle les cadres d’analyse tout à la fois sociologiques et politiques. On découvre une institution étonnante traversée par des conflits et des rapports de force qui nous éclairent sur la violence ordinaire du monde social.

Table des matières

Introduction

1. La classe sous l’uniforme

2. L’étalon combattant pour seul horizon

3. Entre officiers : le geste et le verbe de la distinction guerrière

4. Les conditions du charisme guerrier

5. Les antichambres de la consécration

6. La culture officier, une culture de classe militarisée

Conclusion

Une réponse pour « Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme », par Christel Coton, Editions Agone, Marseille, 2017

  1. livre interessant indéniablement

    notre armée est à l’image de la société, avec ses qualités et ses travers, avec ses réseaux. la catégorisation « de classe » existe, indéniablement, mais elle ne doit pas être « binarisée » :
    1- elle n’est pas caricaturale : les bons et les mauvais sont également répartis et ce qui sauve le système, c’est la césure d’une carrière en deux parties sanctionnées par le retour sur les bancs d’école. soyons honnetes : les qualités intellectuelles, le courage et le charisme ne suffisent pas. il faut aussi avoir de solides acquis universitaires et une capacité à voir large.

    2- elle est étroitement associée au mythe républicain de la méritocratie et des « ordres » que les grandes écoles restituent. la course perpétuelle pour l’adéquation des parcours militaires aux parcours universitaires/grandes écoles.certes on pourra nous dire que la course au « jeunisme » en élimine bcp, de valeur, des osbcurs, des sans noms. ces derniers avaient plus de chance d’apparaître en temps de « grande crise » . faut-il le regretter ? peut-on faire plus ? il faudra des jeunes loups pour défendre ce qui doit être défendu en ministère . le courage, la virilité ou les médailles ne font pas tout. on ne manoeuvre pas bercy avec le seul brevet para.

    certes on pourra nous dire que les critères de sélection sont ainsi faits qu’une cotterie plutôt qu’une autre s’en tirera mieux. il faut seulement avoir le courage de dire les choses -comme dans notre société d’ailleurs – les mieux armés au sortir du lycée sont de fait les mieux armés pour accéder aux responsabilités. n’oublions pas non plus que les chances sont plus grandes dans notre institution. comparons le recrutement endogame dans les armées, l’EN ou l’ENA…

    le mythe révolutionnaire n’est plus. mais il en faut pas oublier que nous vivons dans une société, dans un tout qui impose ses codes. or les codes « militaires » dont bcp peuvent se vanter ne sont aps forcément ceux de nos élites civiles.
    ce qu’on oublie de dire , c’est qu’il faut quelque chose de plus , un peu hors du temps, qui peut faire ringard ou foutre la trouille. ces jeunes élites, pour celles qui font carrière , comme de nombreux officiers et sous-officiers (jamais assez il est vrai, mais je ne pense pas qu’il y en avait plus dans les temps anciens) sont « animées » d’une volonté de servir très particulière : celle d’accepter le service des armes de la république, à savoir tuer pour elle ou accepter le risque d’être tué pour elle. ça dépasse l’entendement. une forme de foi en quelque sorte, ou l’individu s’efface au profit d’un collectif dont il ne mesure par toujours les attendus, ceci dès son premier jour d’armée avec ses règles « hyper collectives ».

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