Denis Favier (ex-GIGN) : «Rien de fort n’aurait pu se faire sans prise de risque»

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Jean dominique MERCHET

Par Jean-Dominique MERCHET

Pour l’ancien directeur de la gendarmerie nationale, qui a commandé le GIGN lors de l’assaut de Marignane, la prise de risque relève d’un choix rationnel et d’une éthique.

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Le général Denis Favier, 57 ans, a été directeur général de la gendarmerie nationale jusqu’en août dernier. Cet officier, désormais directeur sûreté du groupe Total, a été une figure de la gendarmerie et notamment du GIGN, qu’il a commandé à deux reprises. En 1994, il a commandé l’opération de libération des otages de l’Airbus à Marignane. Il était à la tête de la gendarmerie lors des attentats de 2015. Il s’exprime à titre personnel, ses propos n’engageant ni la gendarmerie, ni le groupe Total.

Comme ancien commandant du GIGN, quel regard portez-vous sur le risque?

Dans le métier qui a été le mien, rien de fort n’aurait pu se faire sans prise de risque. Mais il convient de distinguer la prise de risque et le risque lui-même. Le risque s’impose à vous et il faut donc prendre toutes les mesures de précaution pour en limiter les effets. La prise de risque, elle, est une démarche volontaire, délibérée, acceptée face à une décision à prendre.

Comment avez-vous compris ce distinguo?

Au cours des opérations du GIGN. On y apprend à construire la prise de risque par rapport à des dangers, par rapport à l’idée de l’échec et aussi souvent par rapport à la notion de vie et de mort. Dans une opération extrême, face à un danger immense, on y va, avant tout, parce qu’on a le sens de la mission et qu’il n’y a pas d’autre solution pour mettre un terme à une situation désespérée. C’est une question qui relève quasiment de l’éthique. Mais la prise de risque se bâtit aussi autour d’éléments plus rationnels comme le raisonnement tactique et la maîtrise parfaite du métier, c’est-à-dire des savoir-faire techniques. Ils constituent un ancrage fort. Dans une crise paroxystique, la décision d’engagement final ne se partage pas. Elle relève de celui qui mettra en œuvre l’action ultime et qui décidera du moment et des moyens à y consacrer. Le vrai patron, c’est celui qui dit?: « on y va » et qui prend le risque d’endosser l’échec.

Vous parlez de risque de vie ou de mort…

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Source: http://www.lopinion.fr

L opinion

Une réponse pour Denis Favier (ex-GIGN) : «Rien de fort n’aurait pu se faire sans prise de risque»

  1. La rédaction d’Armée média, le journal de l’AFAR,

    Se fait l’écho de cet article de Jean-Dominique MERCHET, sur la prise de risque et le risque lui-même, expliqués par le Général d’armée Denis FAVIER, ancien DGGN.

    Cet Homme d’honneur d’exception que nous estimons être le plus grand Directeur Général que la Gendarmerie Nationale ait connu depuis tout temps, exprime avec une particulière humilité, la notion de prise de risque et le risque lui même, que nous partageons en totalité.

    Ce distinguo très important et nécessaire dans la mise en oeuvre du processus décisionnel, fait partie intégrante des fondamentaux que notre rédaction met en oeuvre dans ses réflexions et pour ses décisions, quant à la publication de ses articles à caractère sensible que nous revendiquons.

    Cela s’appelle aussi: le Courage!

    Bravo mon Général et bonne continuation dans votre nouvelle vie.

    La rédaction d’Armée média.

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