Partage d’expérience des professionnels de santé militaires et civils

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Jeudi 26 janvier 2017, à Bordeaux (Gironde), les acteurs militaires et civils de la santé échangent autour du thème « Du théâtre de guerre aux attentats : ces nouveaux blessés ». Une rencontre organisée par le Service de santé des armées (SSA) et le Collège des sciences de la santé de l’université de Bordeaux. Le général Debonne, directeur central du SSA revient sur la portée de cet événement.

Quel est l’enjeu de cette conférence pour le Service de santé des armées ?

Il s’agit d’une réunion scientifique visant à partager l’expérience acquise par les professionnels de santé militaires et civils sur la prise en charge des « nouveaux blessés », ceux des conflits actuels et les victimes d’attentats. L’irruption de faits de guerre sur le territoire national a opéré un rapprochement des communautés soignantes militaires et civiles. Le Service de santé des armées (SSA) dispose d’une expérience quasi unique dans la prise en charge globale de ces nouveaux blessés, de l’intervention sur le lieu de la blessure jusqu’à la réhabilitation physique et psychique. L’ouverture de cette thématique au monde civil constitue pour le SSA, une occasion de faire valoir ses compétences et de contribuer à l’amélioration et à l’enrichissement des pratiques. Cette conférence s’inscrit aussi dans les préoccupations du ministère de la Défense, à savoir de garantir la meilleure qualité de prise en charge des blessés de guerre.

Comment a évolué la prise en charge des « nouveaux blessés » depuis les attentats ?

Les victimes des attentats présentent des similitudes avec les blessés de guerre, tant du point de vue des lésions que des problèmes psychologiques engendrés. Ce type de blessés n’avait pas d’équivalent jusqu’alors sur le territoire national. Typologie des blessures, prise en charge de la dimension traumatique pour les victimes et leurs proches et conditions d’intervention face à un afflux massif de blessés… Dans un contexte d’insécurité, les autorités civiles de santé se sont tournées vers le SSA pour réfléchir ensemble à la préparation des équipes médicales, pour répondre efficacement à ces nouvelles réalités. Sur demande du ministère de la Santé, le SSA s’est rapproché du Conseil national de l’urgence hospitalière (CNUH), afin de mettre en place une formation à l’afflux massif de blessés par armes de guerre sur le territoire national. L’enjeu majeur aujourd’hui, c’est de pouvoir intervenir dès les premières minutes, comme le font nos équipes médicales en opérations, au plus près des combats.

Pouvez-vous nous parler de la signature prochaine d’un accord-cadre entre le ministère de la Défense et le ministère de la Santé ?

Un protocole d’accord entre le ministère de la Défense et le ministère de la Santé sera très prochainement signé par les deux ministres. Ce protocole est une première dans l’histoire et donnera, j’en suis sûr, une impulsion nouvelle à la dynamique de rapprochement en cours entre le SSA et le service public de santé. Il y a deux objectifs principaux. D’une part, préciser les modalités d’intervention du SSA sur le territoire national en cas de crise sanitaire, dès lors que ses compétences et ses moyens seraient utiles en complément de ceux du service public de santé. D’autre part, permettre au SSA de trouver sa juste place au sein des territoires de santé, notamment grâce au développement de partenariats entre ses établissements et les acteurs civils de proximité. Pour être efficace en cas de crise, il faut bien se connaitre et se préparer ensemble au quotidien. Ce protocole d’accord permettra donc aussi, de renforcer le lien armées-Nation dans le champ de la santé.

Sources : Ministère de la Défense

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