LE PRIX DU SANG!

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LE PRIX DU SANG!

Après lecture des bilans sociaux 2015 du Ministère de la Défense et de la Gendarmerie Nationale qui exposent à l’appui de chiffres éloquents, justifiant l’engagement des dépenses militaires dans divers domaines: le personnel – les mouvements de personnels – les dépenses liées aux personnels – la formation  – la reconversion – les conditions de travail et l’accompagnement du personnel –  les relations  professionnelles – les sanctions disciplinaires et décorations – la politique sociale et la réserve, la vie au sein de la communauté militaire serait idyllique.

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Au risque de noircir le tableau qui nous est présenté, le premier budget qui  me vient à l’esprit  est le prix du sang que nous versons chaque année.

En effet, en ma qualité de président de l’APNM ADEFDROMIL-GEND, je réserve mes premières pensées aux militaires des différentes armées et de la gendarmerie nationale décédés au cours de l’année 2015 ainsi qu’à leurs proches endeuillés et à tous les blessés que ce soit en OPINT ou en OPEX.

Comme chaque année et plus particulièrement en 2015, les membres de la communauté militaire ont payé très cher leur engagement au service de la Nation. Leur esprit de sacrifice pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême a coûté la vie de 90 militaires et 8 gendarmes:

Au sein du Ministère de la défense* :
Terre :     4 officiers   23 sous-officiers    20 militaires du rang.                            Total : 47 militaires
Marine :  3 officiers     7 sous-officiers      2 militaires du rang    2 Volontaires    Total : 14 militaires
Air :         5 officiers   18 sous-officiers     4 militaires du rang.                             Total : 27 militaires
SSA :      1 officier                                                                                                 Total :   1 militaire
SCA:       1 officier                                                                                                 Total :   1 militaire

TOTAL : 14 officiers   48 sous-officiers   26 militaires du rang    2 Volontaires   Total :  90 militaires

 

* Chiffres extraits du bilan social 2015 du Ministère de la Défense

Au sein de la Gendarmerie Nationale* :

  • 8 militaires dont 7 sous-officiers et volontaire
  • 5690 blessés dont 1807 victimes d’agressions contre agents de la force publique.
  • Par ailleurs, en 2015 ont été recensés 25 suicides et 45 tentatives de suicide.

* Chiffres extraits du bilan social 2015 de la gendarmerie nationale

Ces chiffres macabres que nous devons constamment garder à l’esprit, représentent le prix du sang que tous ensemble, nous payons pour mériter en retour le respect des citoyens et la considération de la Nation.

  • LE RESPECT DES CITOYENS QU’EN EST-IL? :

Ci-après, quelques chiffres extraits de la Note N° 7 de l’ONDRP ( Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales) de septembre 2016 intitulée « Les atteintes personnelles visant les gendarmes en 2015 »  par Marie CLAIS, chargée d’étude.  note_7-atteintes-gendarmes

A l’appui de ces éléments, chacun sera à même de se faire une idée sur le contexte particulièrement tendu et agressif dans lequel évoluent les militaires de la gendarmerie. Nous aurons également une pensée pour nos  camarades de la police nationale attaqués lâchement par des cocktails Molotov, le samedi 8 octobre 2016 à VIRY CHATILLON.

– Les agressions physiques sur les gendarmes sont en augmentation de 27 % par rapport à 2014 (2377 contre 3019 faits recensés en 2015).

– Les atteintes commises à l’encontre des gendarmes ont fait 6 854 victimes, soit 23,5 % de plus que l’année précédente.

– Parmi les militaires visés, 1807 ont été blessés suite à une agression physique contre 1769 en 2014 (+ 2,1 %).

– L’année 2015 a été marquée par la mort d’un militaire, victime d’une agression armée. ( Rappel des faits : Le 25 août 2015 à ROYE, le gendarme Laurent PRUVOT, pilote d’équipe rapide d’intervention au peloton d’autoroute de ROYE, est grièvement atteint au cours d’une fusillade survenue dans un campement de gens du voyage. Il a perdu la vie des suites de ses blessures).

  • Pour lire le communiqué des associations nationales de militaires « Somme: fusillade tragique dans un camp de gens du voyage« , cliquer [ ICI ]

– Au total 8 décès en service sont à déplorer en 2015, 13 en 2010, 15 en 2011, 11 en 2012, 11 en 2013 et 6 en 2014 soit un total de 49 militaires de la gendarmerie décédés en service depuis 2010 ( Toutes causes confondues ).

– L’usage d’une arme a caractérisé 35 % des cas d’agressions recensées en France métropolitaine en 2015.

– Parmi les 6854 militaires victimes, 1807 ont été blessés, soit 98 de plus qu’en 2014 ( +23,5 %).

Depuis  2010, le nombre de gendarmes blessés ne cesse d’augmenter. La gendarmerie recensait 1408 personnels blessés en 2010 ( + 28 % entre 2010 et 2015).

  • CONSIDERATION DE LA NATION QU’EN EST-IL? :

Eu égard à ce prix du sang élevé que nous payons chaque année,  nous sommes en droit d’attendre RESPECT et CONSIDERATION DE LA NATION.

Force est de constater qu’il n’en est rien. Pour preuve, il est d’usage comme chacun sait, de traiter les militaires comme une sous-catégorie à qui l’on impose des principes d’exception injustifiés, pour servir de variable d’ajustement.

Cet engagement singulier qui nous unit tous, mérite au contraire, un traitement égalitaire avec les autres citoyens conformément au principe d’égalité consacré par la Constitution. Les restrictions légitimes liées à notre état militaire, nous les acceptons sans réticence. Pour autant, nous ne saurions tolérer des mesures discriminatoires justifiées par l’Etat, arguant de la discipline militaire. C’est ce cadre réglementaire que l’on oppose au droit conventionnel et au droit constitutionnel pour nous faire avaler des couleuvres.

Lire nos précédents articles:

  • L’APNM ADEFDROMIL-GEND met les pieds dans le plat. Cliquer  [ ICI ]
  • L’APNM ADEFDROMIL-GEND met les pieds dans le plat ACTE II. Cliquer [ ICI]
  • L’APNM ADEFDROMIL-GEND met les pieds dans le plat. ACTE III. Cliquer [ ICI ]

Quelques exemples où l’exécutif et/ou le pouvoir législatif légalisent la discrimination des militaires en triturant le droit.

  • La prise en compte de la situation des militaires pacsés pour un certain nombre de droits est conditionnée par une ancienneté de deux ans.

Est-il équitable qu’un militaire pacsé depuis moins de deux ans soit obligé de payer le transport de son ou sa partenaire lorsqu’il part outre-mer?

Est-il normal que son droit à cubage insuffisant puisque considéré comme célibataire, entraîne  un surcoût important de frais  de déménagement ?

Cette situation est inacceptable et discriminatoire au regard de la situation des fonctionnaires de l’Etat.  Il appartient aux politiques de faire preuve de courage pour y mettre un terme une fois pour toute.

  • Le fiasco LOUVOIS démontre également de manière récurrente les manœuvres juridiques pour léser les militaires victimes. C’est un cas unique où la victime indemnise l’auteur du préjudice.

Sujets que nous défendons auprès des parlementaires, lire l’article:

  • L’APNM ADEFDROMIL-GEND à la rencontre des parlementaires. Cliquer [ ICI ]

En matière de dialogue social, il a fallu une saisine de la cour européenne des droits de l’homme pour condamner l’Etat français et le contraindre à reconnaître le droit de réunion et d’association pour les militaires, dont la liberté syndicale est l’un des aspects. Là encore, la pilule ne passant pas, les juristes du ministère de la défense particulièrement imaginatifs usent et abusent d’arguties juridiques pour rendre virtuel ce droit légitime acquis au forceps, pour empêcher les APNM ( Association Professionnelle Nationale de Militaires ) d’agir. Là, où  les différents corps constitués au sein du CSFM  obtiennent des sièges  définitifs et constants, les APNM bénéficient d’une simple possibilité de 16 sièges au plus, avec des contraintes non encore publiées constituant une véritable usine à gaz qui n’offre aucune garantie quant à l’obtention si ce n’est que d’un seul siège. Pour les subventions par exemple, il en est de même.

En cette période de transition, seule  la gendarmerie nationale a pris l’initiative d’une « charte gendarmerie des associations » pour fixer un cadre relationnelle de bonnes pratiques avec l’institution. ( Charte signée le 31 mars 2016 ).

  • Signature de la charte des associations en lien avec la gendarmerie. Pour lire l’article, cliquer [ICI]

Notre proposition  de transposition  de cette charte par les différents chefs militaires adressée au Ministre de la Défense est restée sans réponse à ce jour. ( Pour lire la lettre, cliquer [ ICI ])

Prochainement, le Général d’armée Richard LIZUREY, Directeur Général de la Gendarmerie Nationale procédera  à l’inauguration de la Maison des associations au cœur même de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale.

L’exclusion des APNM des Conseils de la Fonction Militaire ( CFM ) est  un moyen pour  légitimer les instances représentatives du personnel ( IRP ) qui sont les seules  à pouvoir prendre position sur la condition militaire au sein de chaque armée  alors que cette prérogative  entre pleinement dans le champ de  compétence des APNM ayant pour objet  la préservation et la promotion de la condition militaire.

Le protocole pour la valorisation des carrières, des compétences et des métiers dans la gendarmerie nationale signé le 11 avril 2016 en est un parfait exemple, puisque à aucun moment les APNM y ont été conviées alors que celui relatif à la police nationale implique les syndicats.

protocole_11_avril_2016-gendarmerie-nationale

protocole_11_avril_2016-police-nationale

Nous sommes confrontés à un pouvoir militaire et politique malhonnête et irrespectueux du droit qu’ ils osent mettre en exergue alors même qu’ils sont les premiers à s’en affranchir. Les arrêts rendus par la CEDH, le 2 octobre 2014 en sont une flagrante démonstration.

apnm-bilan-social-2015-mindef         Extrait du bilan social 2015 du Ministère de la Défense

Je ne reviens pas sur les pratiques contestables et illégales  au sein des armées déjà dénoncées, comme le harcèlement moral et/ou sexuel qui a fini tardivement par être reconnu en 2014 dans le Code de la Défense, grâce à l’action de l’ADEFDROMIL qui avait dénoncé ce phénomène au Président de la République Jacques CHIRAC  dès 2001.

Bien d’autres sujets seraient à même de compléter  cette démonstration.

Et bien, en cette période préélectorale, Mesdames et Messieurs les politiques de tous bords qui aspirez à la magistrature  suprême ou à de hautes responsabilités, serez-vous assez courageux pour reconnaître ce prix du sang, offrir aux militaires leurs droits légitimes et assumer votre part du contrat au nom de la Nation?

Lieutenant de gendarmerie MORRA Paul

Président de l’APNM ADEFDROMIL-GEND

Lt MORRA Paul

Logo adefdromil-gend finalise

2 Réponses pour LE PRIX DU SANG!

  1. Un grand merci à Paul qui a le courage de dire les choses même si elles ne plaisent pas. Je suis de très près l’évolution de l’APNM ADEFDROMIL GEND et constate en effet que bien trop de barrières sont mises pour ralentir son action. Malgré tout, heureusement qu’elle existe, son action est belle et louable. Il se passe bien trop de choses sur le terrain en contradiction avec le droit français ( harcèlement moral pour exemple ) et oui ça existe belle et bien au sein de notre armée !!! C’est moche.
    Allez Paul, courage, on est avec toi pour avancer dans l’objectif de cette association, améliorer la condition militaire et bien d’autres.
    Amicalement.

  2. Un visage sans voile que nous présente Paul sur la considération de l’ état de  » droit  » que notre ministère de La Défense conçoit sur notre existence . Par des artifices non justifiés et discriminatoires, nos droits sont bafoués et sur le point de nous être volés. La CDEH par ces arrêts reconnaît le doit de créer des syndicats dans nos armées. Des pays européens ont déjà des syndicats militaires, alors pourquoi autant de résistance;  » la peur pour certains de nos  » sachants  » de perdre de leurs prestiges ou leurs splendeurs , allez savoir ».
    Nous servons notre pays, nous sommes parfois blessés dans nos chairs ou notre âme. Privez de nos droits, de reconnaissance, nous poursuivons malgré toutes ces contraintes notre métier. Nous l’avons choisi, nos familles en paient parfois chèrement notre engagement.
    Rien ne pourra voiler notre existence et notre droit d’expression, notre APNM en est à ces balbutiements, mais sachez bien que d’ores et déjà, elle fait trembler.
    Merci Paul pour la réalité de tes propos. Nos sommes à tes côtés.
    Une nouvelle concertation dans nos armees sans élections démocratiques puisqu’elles sont faites au sein d’une poignée d’hommes, choisie et dont la futur carrière en dépend. Ces propos n’engagent que moi. Si la création d’APNM n’effraye pas notre ministère, qu’il procède à des vrais élections sur la création de syndicat.
    J’attends les résultats avec impatience.
    Amitiés à tous Jo

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