L’association de gendarmerie n’était pas à la noce lors de cette séance houleuse à l’assemblée nationale

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C’est un drôle de spectacle que nous ont offert les représentants de syndicats d’officiers et de commissaires de police lors de leur audition devant la commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre.

Toutes aussi pathétiques étaient les interventions des députés qui déploraient la présence devant cette même commission de GENDXXI, l’association gendarmerie présidée par le lieutenant-colonel Jean-Hugues Matelly.

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L’assemblée nationale a créé le 3 décembre 2014 une commission d’enquête sur les missions et modalités du maintien de l’ordre républicain dans un contexte de respect des libertés publiques et du droit de manifestation, ainsi que de protection des personnes et des biens. Cette commission, présidée par Noël Mamère, auditionnait ce matin 2 avril les syndicats de police et GendXXI, l’association gendarmerie tenue par des gendarmes d’active.

Armee-media a visionné cette séance, et propose son compte-rendu :

Dans le premier quart d’heure, les représentants de l’UNSA, du SNOP/SCSI et de l’union des officiers de police prennent la parole. Ils semblent plus s’attacher à exprimer leurs revendications, voire à provoquer Noël Mamère, qu’à apporter des réponses aux questions susceptibles de faire évoluer la doctrine de maintien de l’ordre.

Vient alors le tour de Jean-Hugues Matelly, président de GENDXXI. A peine a t’il prononcé quelques mots qu’il est interrompu par le président de la commission : « Ecoutez, nous avons un problème avec monsieur le rapporteur, et je pense qu’on a un problème avec tout le monde …« , dit Noël Mamère avant de recadrer sèchement les représentants des syndicats de police . C’est là qu’on apprend de sa bouche que ces mêmes représentants ne sont pas du tout contents (et ont même protesté) que GENDXXI soit invité par la commission d’enquête. Poursuivant, Noël Mamère rappelle que ce n’est pas aux syndicats d’officiers de police de décider de ce que la commission doit faire. Insistant sur le fait que l’association GENDXXI a toute sa place, il ajoute que la commission n’a pas à recevoir de leçon ou d’admonestation de qui que ce soit.

Puis vient le tour du député UMP Guillaume Larrivé qui mentionne qu’au nom de l’opposition, en décembre dernier dans l’hémicycle, il s’était opposé à la création de cette commission … puis il en vient à louer la présence des organisations syndicales représentatives de la police, et à déplorer celle de GENDXXI qui, à ses yeux, n’est pas représentative puisqu’il ne s’agit pas d’un syndicat, pas plus d’une association professionnelle militaire. Pour lui, la seule instance de concertation légale et donc légitime pour s’exprimer au nom de la gendarmerie, c’est le CFMG.

Enfin, le président Mamère donne la parole au lieutenant-colonel de gendarmerie Jean-Hugues Matelly.

L’exercice n’était pas facile après ces critiques quant à sa présence devant la commission. Il s’en sort pourtant bien. Non sans malice, Jean-Hugues Matelly balaye les critiques par cette phrase :  » Pour information, nous sommes trois représentants de GENDXXI qui est effectivement dans un statut juridique encore inexistant, puisque nous sommes couverts en droit international, mais pas encore en législation nationale; pour  autant, mes deux camarades ici présents sont membres du CFMG » .

La suite de son intervention a trait à l’objet pour lequel la commission a souhaité son audition.  Après plus d’une demi-heure de séance au ras des pâquerettes, les quelques 3 mn 30 de temps de parole du lieutenant-colonel Matelly ramènent enfin au vrai sujet, le maintien de l’ordre.

Cyril Robert, gendarme mobile également membre de GENDXXI prend à son tour la parole pour survoler, c’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de temps de parole qui lui est imparti, les problématiques d’entrée au contact par les gendarmes lors d’opérations de MO.

Enfin, les auditions prennent de la hauteur, peut-on penser. Eh bien, pas du tout !

A peine l’intervention de Cyril Robert terminée, le président Noël Mamère fait part de son irritation, car le rapporteur reproche que les intervenants de l’association GENDXXI ont été trop longs dans leur intervention.  Le temps de parole cumulé des deux représentants de GENDXXI a duré un peu plus de 6 mn, alors que les syndicats de police ont déjà parlé un bon quart d’heure.

Et c’est au tour du député Jean-Paul Boquet de participer à la curée :

« J’ai entendu les organisations syndicales … Je les respecte … Ici, nous avons une association … qui n’a pas dit si elle était majoritaire ou minoritaire … Il y a dans la gendarmerie un certain nombre d’associations, beaucoup plus anciennes, beaucoup plus représentatives qui n’ont pas été convoquées … »

Ah bon monsieur de député, lesquelles ? Sans doute veut-il parler d’associations de retraités telles que l’UNPRG ou le Trèfle. Mais si c’est à elles qu’il pense, c’est étrange qu’un élu préfère entendre des retraités depuis longtemps déconnectés du terrain parler de maintien de l’ordre au XXI° siècle, plutôt qu’une association qui revendique son caractère professionnel et dont le conseil d’administration est composé exclusivement de gendarmes en activité de service.

Bref, le « spectacle  » se termine par quelques questions de députés. Le temps imparti à ces auditions s’est écoulé et a été majoritairement consacré à remettre en cause la légitimité  de la présence de GENDXXI devant la commission. A part Jean-Hugues Matelly et Cyril Robert, peu d’intervenants ont traité du sujet à l’ordre du jour.

De ces auditions, j’ai retenu que, hormis ce spectacle navrant, des députés et par delà, des groupes parlementaires, ne voulaient pas voir GENDXXI à cette table. J’ai également retenu que les syndicats de police, jusque là bien silencieux depuis les arrêts de la CEDH qui ont ouvert la voie à la création d’associations professionnelles militaires, protestent énergiquement lorsqu’une association, la seule tenue par des gendarmes d’active, se trouve au même pied d’égalité qu’eux.  Était-ce donc leur pré carré, cette séance à la commission d’enquête sur le maintien de l’ordre ?

Je crois que la seule réponse que les gendarmes peuvent faire à tous ces « conservateurs », s’ils désirent un tant soit peu que le pouvoir et les puissants syndicats de police soient devant le fait accompli pour leur reconnaître le droit d’être des citoyens à part entière, la seule réponse disais-je, c’est qu’ils soutiennent en masse leurs futures APN.

Michel Munier

 

 

 

 

 

25 Réponses pour L’association de gendarmerie n’était pas à la noce lors de cette séance houleuse à l’assemblée nationale

  1. Retraité invalide Politique

    Vous rigolez ! Les syndicats de Police omnipuissants avec les subventions bafouent sans arrêt les Droits et la Liberté d’expression des associations !
    Ils se comportent comme une mafia ! d’ailleurs, ce sont des mafieux !

  2. Décidément les gie d’active sont loin de se manifester comme le rappelle si bien JH MATELLY. D’abord leur petit confort personnel, au cas où ils risqueraient d’être mis à l’amende dans le cadre d’avancement. C’est très bien connu. Ensuite allez expliquer aux jeunes qu’ils ont intégré une grande famille. Non, les grandes familles n’existent plus.
    Proverbe bien gendarmique :
    Tout pour ma gueule, rien pour les autres. Et pourquoi pas enfoncer mes camarades (oups les cons avec qui je bosse) au passage.

  3. Connaissant Jean-Luc depuis bien longtemps, son arrivée en brigade à sa sortie de l’ESOG, si il devait partir à la retraite ce n’est pas demain que l’on trouverait un homme de de sa trempe.
    Homme avant tout très intelligent, a fait passer les problèmes de ses camarades avant sa propre carrière.
    90 pourcent de personnel gendarmerie, carrièristes, pourraient prendre de la graine; mais pensez dont ils ne le feront pas…….leur carrière d’abord. Personnels d’active courage à vous c’est loin d’être gagné.
    Un retraité 40 annuités, et bien heureux d’être à sa nouvelle place dans la société, mais qui malgrès tout garde un oeil sur votre vie professionnelle. Salutatiopns à toputes et tous.

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