« Fini le tutoiement » dit Valls aux flics.

Photomontage Michel Munier : A quand le baise-main obligatoire lors des contrôles de femmes ?
Notre nouveau Ministre de l’Intérieur prend les choses en main, semble-t-il, mais avant de s’attaquer aux choses sérieuses, il pense utile une nouvelle fois, de traiter du comportement des gendarmes et des policiers.
C’est pourtant sur les dossiers importants que nous attendions le ministre, sur l’organisation des forces de sécurité du pays, sur l’organisation des services de renseignements et sur le retour, au plan national, de la gendarmerie. Il nous a annoncé vouloir regarder de prés, dans un premier temps, ce qu’est ce grand Paris de la sécurité, le « gross Pariss » comme disent les flics. Sarkozy, Gaudin, et autres se sont vus les héritiers d’Haussmann et ont voulu laisser leur trace dans l’histoire dans la construction de ce grand Paris et ce dans le droit fil de leur vénérable prédécesseur. Ce chantier, en effet, qui conduit à mettre 30 000 policiers aux ordres d’un seul homme qui a la haute main sur la capitale (en éradiquant la gendarmerie de cette région, comme on éradique une maladie), mérite toute l’attention du nouveau ministre.
Mais nous n’en sommes qu’à la période d’évaluation. Je vous le prédis, elle ne donnera pas grand chose, puisque les principaux penseurs de ce système sont tout aussi influents aujourd’hui qu’hier.
Bref, en attendant, la police et la gendarmerie semblent avoir des soucis de relations avec le public. Ils sont mal élevés et se conduisent comme le feraient les petits voyous. Ils tutoient les jeunes qu’ils sont amenés à contrôler. Je ne sais pas si vous avez déjà été contrôlés par des policiers et ou des gendarmes. Cela m’est arrivé à de nombreuses reprises et je dois l’avouer, je suis tombé sur des exceptions, puisque jamais je n’ai eu affaire à des gens qui utilisaient le tutoiement à mon égard.
Ce dont j’aurais pu me plaindre, c’est plus certainement, une attitude, le ton employé, une agressivité latente ressentie. Le mal aise n’était pas de mon côté, mais bien du côté des policiers que je ressentais peu surs d’eux dans leur attitude et peu assurés du bien fondé de leur action. Peut-être étaient-ils déstabilisés par le soupçon permanent que les bonnes âmes font peser sur eux.
Pas question de dédouaner les quelques imbéciles qui sont réellement indignes de porter leur uniforme, mais ils sont si peu nombreux que ces problèmes doivent être traités localement et fermement. En tout cas, ce ne peut être le propos d’un ministre. Il s’abaisse et réduit sa fonction à celle d’un adjudant de quartier en s’attardant sur ces sujets.
Mais comment peut-il en arriver là ? A vrai dire, je me le demande encore, sauf à penser qu’il est sous pression. Une pression, revancharde qui veut faire payer les « flics », mais qui, quoi, comment, c’est ce que je voudrais savoir.
Peut-être trouvons une piste dans le livre blanc de Bauer et Gaudin où nous avions vu que ces deux penseurs de notre sécurité s’étaient longuement attardés sur l’accueil et le rapport au public. Les frères « sécurités » seraient donc derrière ces discours du ministre ? Nous ne le saurons pas. Une autre piste peut-être recherchée chez les associations qui se disent antiracistes. Il faut bien faire des concessions, même à ceux qui ne méritent guère que l’on s’attarde sur leurs affirmations (1), puisque le ministre le sait, la situation est telle qu’il va falloir appliquer une politique extrêmement ferme dans un avenir proche.
Les conséquences de l’affaire Mérah et la chasse aux juifs qui s’en suit dénoncée par les autorités de cette religion, abordées du bout des lèvres par quelques commentateurs courageux risquent nous occuper pas mal dans un avenir proche.
Je considère ce dossier comme d’une absolue priorité. L’avenir nous dira si j’ai raison ou pas.
En attendant, on explique aux policiers le minimum des règles de courtoisie.
Vous savez, avant ces promotions express ( PAGRE), en gendarmerie, un candidat au premier grade devait se préparer à assumer ses nouvelles fonctions. Je me souviens de cette longue réflexion à laquelle j’avais été soumis, avec mes camarades de promotion, sur la politesse et la courtoisie. Me voilà revenu en arrière et je pourrais sans peiner vous faire trois pages sur le gain à se comporter, dans toutes les circonstances avec calme et civilité.
Je m’amuse en voyant le ministre refaire ce travail.
Le tutoiement n’est que la partie émergée de cet iceberg. L’essentiel n’est pas là, mais bien dans le respect de l’autre, la perception que l’on a du citoyen que l’on doit soumettre à une contrainte, la façon de faire un beau métier, comme un artisan se plait à s’attarder sur chaque détail de son travail.
Oui Monsieur le ministre, les policiers et les gendarmes doivent faire un métier, un travail qui s’apprend. Dans vos affirmations je ne vois que la faille dans l’apprentissage d’un métier, le défaut dans la formation de l’encadrement qui devrait veiller à former leurs subordonnés.
Ce n’est pas un officier qui gaze des retraités qui donne l’exemple, nous devons l’admettre.
Nous sommes loin de la « classe » des contrôles des gendarmes, comme me le rappelait dernièrement une interlocutrice que je souhaiterais de mes amis.
La politique du chiffre a eu des conséquences là aussi.
Mais le problème est bien plus large nous rappelle la RATP dans la publication de son rapport annuel. Le mal est profond. Notre société semble bien mal, sur le point de s’effondrer dans l’individualisme porté comme seule valeur qui vaille.
Pourquoi une partie des policiers et des gendarmes y échapperaient-ils ?
C’est probablement dans l’assurance que leur travail est juste et reconnu que se trouve la solution à ces rapports tendus constatés par le ministre.



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