Général Bertrand CAVALLIER : Départ d’un grand soldat

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Le départ de la Gendarmerie du Général Bertrand CAVALLIER pose en soi un problème à toute l’institution Gendarmerie.

Le 26 septembre 2011,  Bertrand CAVALLIER nous avait invité, Jacques Bessy et moi,  pour la cérémonie donnée à l’occasion de son départ de la Gendarmerie.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai vraiment ressenti, au milieu de tous ces gens, du général de corps d’armée au gendarme adjoint, une ambiance très particulière.

De gauche à droite : Jacques Bessy - Bertrand Cavallier - Jacky Mestries

Je crois bien que « notre Bertand » s’est payé un bain d’amitié comme peu sont capables de se l’offrir. J’ai presque envie de dire, que malgré le nombre des invités, malgré les qualités de beaucoup, nous étions en famille.
Cavallier avait invité sa famille et elle était là.

Nous publierons le discours qu’il a prononcé et même vous proposerons d’ouvrir des discussions à son sujet, car il est riche et nous entraîne dans une véritable réflexion sur notre institution. Je ne vous cache pas que nous avons, tous les deux, déjà beaucoup échangé sur les bases qu’il pose pour préserver la gendarmerie et lui permettre de traverser sans trop de dommage le mauvais temps actuel. Une chose est certaine, du petit gendarme, au plus haut responsable, il n’y a au fond que peu de différence dans le regard que nous portons au « métier ».

Il s’en va et son départ  nous conduit inévitablement à nous interroger sur l’avenir dans nos rangs des gens qui restent fidèles aux valeurs pourtant enseignées dans nos écoles.
Combien ont payé le prix de la franchise, de la rigueur intellectuelle ?
Combien n’ont pas voulu marcher dans les «  à peu prés » , dans les « c’est pas grave », dans les «  on n’a pas le choix » et ont été priés de se taire, priés de constater que leur chemin s’arrête là parce qu’incompatible avec d’autres intérêts.
On les voit aujourd’hui, « ces intérêts supérieurs », s’expliquer pour des affaires proches du grand banditisme, flirtant avec des pratiques mafieuses.
Le Général ne partira pas sans savoir, qu’à Ajaccio, pour l’affaire des paillotes, nous aurions été l’immense majorité, du gendarme de la brigade perdue dans la châtaigneraie, du moindre commandant de brigade, aux plus hauts responsables, à penser comme lui, à agir comme lui.
C’est l’immense majorité des gendarmes qui aurait dit avec lui : «  Ça suffit les conneries » et aurait fait le nécessaire pour que cela cesse.
Et comme lui, nous aurions constaté, que les «on m’a rien dit », « je n’avais pas l’autorité » sont un véritable renoncement à l’essentiel.
Mais voilà, pour ces gens qui portent les « intérêts supérieurs », vous êtes comme un miroir, un rappel permanent de leur faiblesses, de leur véritable personnalité, et ils n’en sont pas fiers. Leur seul réflexe est de cacher ce miroir, masquer ce révélateurs, oublier ses renoncements. C’est cela ou partir, pour eux. Mais partir c’est vous donner publiquement raison, alors ils s’accrochent.
Je ne sais pas pourquoi, mais il y longtemps que je pense que de la période que nous sommes en train de traverser, ne resteront que les noms de ceux qui n’ont rien négocié, n’ont accepté aucun renoncement.
Bertrand Cavallier, Général de Gendarmerie sera de ceux là.
Jacky Mestries « La grogne dans la gendarmerie« 

22 Réponses pour Général Bertrand CAVALLIER : Départ d’un grand soldat

  1. j’aurai bien voulu laisser un commentaire portant sur l discours du général mais helas il est inexistant.vue que je ne pas pu le retrouver en ligne. si seulement vs pouvez m’orienter sur un page sur laquelle je pourai trouver c discours alors je serai vraiment ravi.

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